Rétrospective Marcel Warrand du 16 septembre au 7 octobre au Centre Culturel de Ciney

Le Centre Culturel de Ciney a le plaisir d'accueillir, du 16 septembre au 7 octobre, une exposition rétrospective consacrée à un peintre namurois, Marcel Warrand.

Deux ans après sa mort, voici l'occasion de rendre hommage à cet artiste qui n'a pas laissé le paysage artistique régional indifférent. Ceux qui ont connu Marcel Warrand parlent d'une personne chaleureuse, d'un artiste pratiquant son art avec sincérité et passion.

Visiter son atelier Place Saint-Aubain était un poème, « une véritable leçon de passion ». C'était aussi un professeur qui a marqué des générations et formé de «nouveaux regards» tout au long de son parcours d’enseignant.

Né à Namur en janvier 1924, diplômé de l'Académie des Beaux-Arts de Namur, il a enseigné pendant 35 ans : d'abord à l'Ecole des Métiers d'Art de Maredsous, puis à Saint-Luc (Bruxelles), à l'Institut d'Art Décoratif des Soeurs de Ste-Marie (Bruxelles), et enfin à l'Institut des Arts et des Techniques Artisanales (Namur) où il a terminé sa carrière en 1989. Il est décédé le 4 juin 2015 à l'âge de 91 ans.

Adepte de la diversité, toujours en quête de nouveau, il a traversé les grands courants artistiques du XXe siècle, produisant une grande quantité d'oeuvres, tantôt figuratives, tantôt abstraites. Nombre de ses œuvres se trouvent dans des musées (dont le musée des Beaux-Arts de Bruxelles) et collections privées, tant en Belgique qu’à l’étranger.

 

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Quelques témoignages

« Il est aussi le cofondateur de groupes d’artistes namurois contemporains: AXE 59, ROUE, AXE 66, Rez-de-chaussée 28, avec les Lapeirre, Londot, Pirrard, Souply et Van Espen... Gustave Cambier et surtout Yvonne Perrin, l’ont poussé à se départir du post-impressionnisme, enseigné alors. L’expérimentation du cubisme le conduit à l’abstraction.

La survenance d’éléments humains, même parcellaires, sont les signes avant-coureurs du retour de la figuration, tels, les bodybuildeurs aux couleurs flamboyantes et aux formes tellement démesurées, étalés, à l’huile, sur des formats imposants; la femme, elle, apparaît sensuelle, lumineuse, aux multiples facettes, la carnation quasi translucide détourée par la couleur du décor. Des objets insignifiants, en un agencement scénarisé par l’artiste, envahissent les murs de l’atelier et deviennent les animateurs de la poésie de ses toiles et de ses boîtes. »

(Jacques Patris, in Emmène-mois n°154, p.7)

 

Louis Richardeau, critique d'art et ami du peintre, en dit :

« Parler de Marcel Warrand. Du peintre ou de l'homme ? Impossible de favoriser le peintre en reniant l'homme ; mal venu de privilégier l'homme en soustrayant le peintre. Il est sa peinture. Curieux, le personnage, comme son art. Unique en sa diversité, ascète et gourmand, jovial et féroce, bavard et contemplatif, impulsif et recueilli, poli et provocateur. Il est de ces gibiers que l'on ne peut apprivoiser ».

« Si d’un mot, je devais résumer le monde de Marcel Warrand, c’est ce mot qui me viendrait à l’esprit : l’étrangeté. N’est-il pas extraordinaire, le mystère de cet homme à qui l’on ne demandait rien et qui donnait tout ce qu’il avait de plus profond, de plus beau ? D’un carton festonné de pâtisserie, il faisait un noble blason, d’un biscuit Destrooper, il traçait un motif sculptural, du poupée celluloïd, une déesse éthérée, d’un visage d’homme ou de femme, une icône hiératique.

Finalement, Marcel Warrand était un poète. Il suffisait de suivre son commentaire improvisé dans un musée pour constater ses talents de bateleur de l’art, son inimitable capacité d’attraction. Mais il était aussi et surtout poète du langage pictural, graphique, spatial. Poète au sens radical grec de « celui qui fait ». Chaque jour, il travaillait, il offrait dans la solitude, l’amertume, la rage parfois, la jubilation le plus souvent, sa part d’émerveillement ».

Le vernissage aura lieu au Centre Culturel de Ciney le vendredi 15 septembre à 19h. 

Une date à noter également à vos agendas en clôture de l'exposition : le samedi 7 octobre à 15h, vous pourrez suivre une visite et une conférence retraçant la carrière de l'artiste, avec Louis Richardeau.

En pratique

Exposition du 16 septembre au 7 octobre accessible du lundi au vendredi de 9h à 17h, le samedi de 9h30 à 12h30 au Centre Culturel de Ciney, place Roi Baudouin 1, Ciney. Entrée libre.

Vernissage le vendredi 15 septembre à 19h

Visites guidées sur réservation : 083 21 65 65

Informations : culture@ciney.be

En lien avec l'exposition : parcours de l'exposition et conférence retraçant la carrière de l'artiste, par Louis Richardeau, critique d'art et ami du peintre : le samedi 7 octobre à 15h.

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