Agenda

  • Chhht..., théâtre pour famille et enfants dès 3 ans le 26 octobre au théâtre communal

    Dans le cadre des spectacles «En famille !» du Centre Culturel de Ciney, rendez-vous le samedi 26 octobre à 16h pour assister au spectacle « Chhht... » de la Compagnie « Ceux qui marchent » au théâtre communal.

    C’est une création collective sur base d’une idée originale de Lara HUBINONT, mise en scène deValérie JOYEUX et Lara HUBINONT avec Sébastien CHOLLET et Lara HUBINONT en alternance avec Laure VOGLAIRE.

    Sur le spectacle

    Chhht…. Les enfants dorment enfin. Commence alors pour les parents le grand bal quotidien des tâches ménagères,  mais les éléments semblent déchaînés ! Et si ce soir, tout allait sens dessus dessous ? Une épopée parentale burlesque à la frontière entre le rêve et la réalité.

    Avant le spectacle

    Un goûter est proposé 30’ avant les spectacles se jouant à 16h et entre les représentations lorsqu’il y a deux séances prévues.

    Prix : 2€ (1 boisson + 1 fruit + 1 gâteau)

    En pratique

    Durée du spectacle : 40'

    Prix unique : 7€ (adulte et enfant)

    Réservations : 083 21 65 65

  • Chants d’amour d’ici et d’ailleurs à Florée ce samedi 19 octobre

    Chants d’amour d’ici et d’ailleurs ce samedi 19 octobre, dès 20h à l’Eglise Sainte-Geneviève à Florée (rue du Parvis)

    Chorale Florée avec Chorale Ohey 13-10.jpg

    La Florale de Chlorée (Chorale de Florée dirigée par Anne Quintin) vous propose de voyager à travers des chants traditionnels. Elle invite Charivari (Chorale d’Ohey dirigée par Pascal Chardome), et son répertoire de chants solidaires.

    En partenariat avec le Relais du Monde, Centre d’accueil Croix- Rouge de Natoye et du Service Tourisme-Culture de la Commune d’Assesse.

    Accessible PMR

    Tarif: 7 € (gratuit -12 ans) ; pas de réservation.


    Contact: Florale de Chlorée ; Michèle Koch-Legrand, rue Ste- Geneviève, 6 à Florée, 0498 428125, Michele.legrand.koch@gmail.com , https://floraledechloree.be

  • L'art de vivre ce vendredi 18 octobre à Mozet

    Sur invitation du Lions Club de Ciney. Si vous voulez voir cette affiche en Moe pdf, cliquez sur lions.pdf

  • Commémoration du 75e anniversaire de l'Institut de Schaltin et de la rafle d'enfants juifs et de réfractaires au travail les 18 et 19 octobre

    Voici le programme de la journée officielle du vendredi 17  à l'Institut de Schaltin:

    70728894_2597424830297293_628498636191301632_o.jpg

    - 14h: séance académique

    - 17h30: conférence "d'un château à l'autre", de Schaltin à Buckingham Palace

    - 19h: apéro Schaltinois

    - 19h30: repas du 75e anniversaire

     

    Voici le programme des vendredi 18 et samedi 19 octobre dès 10h:
    - expositions
    - diffusion de reportages
    - reconstitution d'une scène de vie
    - Camp Militaria et balades à bord de véhicules historiques
    - Jeux pour enfants
    - Bar et petite restauration
     
    Les châteaux de Schaltin

    Le château féodal

    On ignore quand fut construit le premier château - château fort - de Schaltin. En 1604-1605, à la demande du prince Charles de Croy, le peintre Adrien de Montigny peint le château et le village de Schaltin, construit dans la vallée du ruisseau de Champion qui alimentait ses douves.

    Il se compose du château avec donjon et tours, accessible par un pont-levis - la haute cour - et d'une ferme - basse-cour.

    Le château est rénové en 1724 par Jacques (de) Blochouse, Receveur de S.A. & des Etats du Païs de Liège, pour en faire un lieu de vie plus agréable et confortable, au goût du jour.

    Il est décrit en détails en 1743 par Pierre-Lambert de Saumery - dit Saumery - dans Les délices du Pais de Liège, dans les termes suivants : Entre les différens ruisseaux qui forme la rivière du Bouc, on voit s'élever des coteaux fertiles dont le travail infatigable des habitants augmente encore la richesse. C'est au pié de l'un d'eux qu'est situé le château de Schaltin, siège de la juridiction du village du même nom & de celui de Frisée qui en est voisin. Sa première entrée, située au nord, est celle d'une basse cour, fournie de tout ce qui sert à l'économie de la campagne. On y voit une seconde porte défendue de deux tours par où on entre dans une seconde cour plus grande que la première, & bordée de vastes bâtiments voutés avec une grande solidité. Le donjon, situé à l'orient, est un bâtiment oblong flanqué de deux tours & entouré d'un fossé d'eau vive, revêtu de pierres de taille avec un garde-fou de même. C'est un bâtiment dont le plan consiste en trois chambres quarrées & deux autres rondes, ménagées dans la capacité des tours : ajoutés à cela un  vestibule dont les murs sont enduits de stuc en panneaux, & où l'on trouve un bel escalier en rampe par où on monte aux étages supérieurs. La chapelle, placée au-dessus du vestibule, communique à un balcon, placé au-dessus de la porte, & d'où l'oeil découvre un paisage très-agréablement varié. Le jardin situé à l'orient, est un parterre divisé en six quarrés, bordés de plate-bandes de fleurs, & orné d'un joli cabinet de maçonnerie. Il est environné d'un petit ruisseau qui le sépare d'un jardin potager & va ensuite se jetter dans le Bouc...

    Les deuxième et troisième châteaux

    C'est à côté du château féodal qu'est construit, vers 1825-1830, par Léopold-Joseph de Valensart, un petit château de style néoclassique (ou Empire), très similaire au château de Buresse, de style Empire également.
    Ce château disparaît dans un incendie vers 1900. Sur son emplacement, le comte Louis de Meeûs et son épouse Anna Martini reconstruisent un château de style éclectique, en utilisant les matériaux du pays : la pierre d'avoine pour le gros oeuvre et la pierre bleue pour les soubassements et encadrements de portes et fenêtres.

    En 1935, à la mort du baron Alfred de Jacquier de Rosée, le château devient un hôtel- restaurant. C'est un endroit cossu et de bonne renommée.

            page4image58603120                  page4image58604368

    De la cure à l'institut...
    C'est le 1er avril 1943 que s'ouvre au château de Schaltin, à l’initiative du père jésuite Pierre Capart et de ses amis de la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne », la Cure pour adolescents débiles qui accueille des enfants souffrant d'un déficit alimentaire chronique, des réfractaires au Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) imposé par l'occupant allemand, des enfants et des adultes juifs pourchassés par l’occupant.

    Tous sont accueillis et bénéficient de la volonté pragmatique des fondateurs qui disaient «Il faut faire quelque chose ! ».

             page5image58488016           page5image58488432

    A la fin du second conflit mondial, un nouveau type de solidarité voit le jour, la prise en charge de jeunes en difficulté sociale.

    L’insertion dans le milieu scolaire ordinaire des jeunes étant compliquée, les responsables décident en 1948 de créer, sous l’appellation « Ecole adoptable du Home de Schaltin », un enseignement primaire.

    En 1953, la « Cure pour Adolescents débiles » devient les « Cures et Foyers pour Adolescents ». Ils sont composés d’un home qui propose une éducation dans un climat familial, ainsi que d’une école primaire et professionnelle. Ils prennent en charge 80 jeunes ayant des difficultés scolaires et comportementales, issus de familles dont les parents étaient déchus de leurs droits, sous décision des juges de la jeunesse, orphelins et « inclassables ».

    En 1954, grâce à la générosité d'un mécène, ils deviennent propriétaires du domaine de Schaltin.

    En 1955, l’école se transforme en école professionnelle de type B5 – B6 et organise des formations pour les métiers du cuir, de la mécanique et de la menuiserie, conjointement à l'enseignement primaire

    page5image60576640 page5image58488016 page5image58488432

    Fin des années 50, l’école n’organise plus l’enseignement primaire.
    Suite à l’assemblée générale de l’association du 6 mars 1962, les « Cures et Foyers pour

    Adolescents » deviennent les « Foyers pour adolescents ».
    En application de la loi du 06.06.1970, l'école professionnelle devient un établissement

    d'enseignement secondaire inférieur spécialisé.

    En 1977, le home devient un Institut Médico-Pédagogique (I.M.P.), agréé pour des jeunes présentant des troubles du comportement.

    En 1985, l’école d’enseignement secondaire spécialisé devient l’asbl «Ecole Professionnelle Secondaire Inférieure Spécialisée de Schaltin».

    Suite à la création de l’« Agence Wallonne pour l’Intégration des Personnes Handicapées » l’IMP devient en 1997 le « Service Résidentiel pour jeunes de Schaltin », il accueille 79 garçons de 6 à 18 ans atteints de troubles caractériels présentant un état névrotique ou prépsychotique et nécessitant une éducation appropriée.

    En 2002, l’asbl « Foyers pour Adolescents » élargit son offre à des jeunes bénéficiaires français et aux adultes porteurs de handicaps.

    Elle crée le Service de Logements Supervisés « Mon projet » situé à Ciney et le Service d’Accueil de Jour pour Adultes « Solignac » situé dans les anciens bâtiments de l’asbl « La bergerie » à Frisée -Schaltin et devient, en 2005, l’asbl « Foyers pour Jeunes et Adultes ».

    Le 1er septembre 2004, le site de Schaltin accueille une décentralisation du Centre Scolaire « Claire d’Assise » de Bouge qui propose un enseignement primaire spécialisé.

    A ce jour, l’« Institut de Schaltin » est composé :

    • -  De l’école primaire d’enseignement spécialisé « Centre Scolaire Claire d’Assise » sur le site de Schaltin.

    • -  De l’ « Ecole Professionnelle Secondaire Inférieure Spécialisé » sur le site de Schaltin qui propose les finalités travaux du bâtiment, cuisine de collectivité et mécanique automobile.

    • -  Du Service d’Accueil de Jour pour Adultes « Solignac » situé à Frisée-Schaltin.

    • -  Du Service de Logements Supervisés « Mon projet » situé à Ciney.

    • -  Du Service Résidentiel pour Jeunes sur le site de Schaltin.

    Schaltin en Belgique occupée – Professeur Docteur Luc MICHEL
    Schaltin est un nom qui résonne du début à la fin du conflit mondial 1940–1945. On le

    retrouve dans trois grands drames de la Belgique occupée.

    Premier drame : le 10 mai 1940, le Ministère de la Défense Nationale donne, par voie d'affiche et radio, l’ordre aux hommes de 16 à 35 ans, qui ne sont pas mobilisés mais inscrits dans la "Réserve de recrutement", de se soustraire à l’envahisseur en rejoignant par leurs propres moyens les Centres de Recrutement de l'Armée Belge (CRAB) : 100 000 jeunes obéissent. Les CRAB, installés d’abord dans le Hainaut et les Flandres, sont transférés rapidement dans les régions militaires de la Gironde, de Toulouse, Nîmes et Béziers suite à l’avance foudroyante de l’armée allemande. La capitulation de l'Armée belge le 28 mai ne signifie pas la fermeture des CRAB. Certains officiers d’encadrement sont même mis aux arrêts par les autorités françaises.

    L’encadrement militaire de ces jeunes est souvent insuffisant et les soucis d’intendance sont majeurs pour ceux qui n’ont pas la chance d’être logés chez l’habitant. Vers la fin d’août 1940, la majorité des 100 000 jeunes sont progressivement rapatriés. Cependant, 321 jeunes Belges perdent la vie dans l'aventure, dont au moins quatre fusillés arbitrairement par l‘armée française sous le motif d'espionnage.

    Un camp de regroupement de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) fonctionne au château de Gaujac à Pinsaguel-lez-Toulouse, transformé en sanatorium par le R.P. Capart jusqu’en septembre 1940 pour les plus jeunes éléments des CRAB. Nombre de ceux-ci présentent un sévère état de délabrement physique, psychique et moral. Après leur rapatriement, certains sont accueillis dans les « Centres de cures pour adolescents débilesde l’entraide jociste » installés à Tourneppe, Braine-l’Alleud, Schaltin et Leffe. Ces centres hébergent déjà, sous de fausses identités, des jeunes issus des cantons d’Eupen – Malmédy - Saint-Vith qui s’opposent à leur enrôlement de force dans la Wehrmacht.

    Second drame : le 20 janvier 1942, lors de la conférence tenue dans la villa Marlier à Wannsee, la dernière main est mise à la « Endlösung der Judenfrage » (la solution finale du problème juif). La machine bureaucratique nazie intensifie la Shoah sur une échelle industrielle. La Shoah est caractérisée en Belgique par l’ordonnance du 27 mai 1942 sur le port de l’étoile jaune, les rafles des 15 et 28 août à Anvers, du 3 septembre à Bruxelles et du 11 septembre à nouveau Anvers. Mais, il n'y a pas que des rafles. La moitié des Juifs arrêtés le sont de façon individuelle. Ces arrestations individuelles sont le fait des Allemands, mais sont aussi la conséquence des "chasseurs de Juifs", qui guident la police allemande. Yvonne Jospa (nom de code Jaspar) et Yvonne Nevejean, directrice de l’œuvre Nationale de l’Enfance, collaborent avec le Comité de Défense des Juifs (CDJ) coordonné par Andrée Geulen, et entrent en contact avec la JOC.

    Plus précisément, Yvonne Jospa rencontre les responsables nationaux de la JOC à la Centrale Jociste au 79 Boulevard Poincaré à Bruxelles, qui est un centre actif de Résistance côtoyant dans le même bâtiment les logements d’auxiliaires féminines del’armée allemande : les souris grises. Au sein de la JOC est ainsi créé un groupe clandestin supplémentaire mettant l’appareil jociste au service du CDJ. Les maisons de cure de la JOC, dont celle de Schaltin, accueillent des enfants et adolescents juifs dès la fin 1942 et jusqu’à la fin de la guerre malgré la rafle à Schaltin du 2 août 1944.Tôt après la libération, le nom de Schaltin est souligné dans un rapport publié le 28 septembre 1945 par l’Office Israélite de Presse et de Documentation. Ce rapport identifie le rôle du R.P. Pierre Capart, aumônier de la JOC au Centre de cures de Schaltin; le même père qui s’occupait avec les jocistes des CRAB en juin 1940 au château de Gaujac. Il sert également de "boîte aux lettres" pour maintenir un lien entre les 58 enfants juifs cachés à (certains y séjourneront plus de 590 jours) et leurs parents. Il est reconnu Juste parmi les nations par l’Institut Yad Vashem en 1971.

    Troisième drame : au début 1942, Winston Churchill initie la « go slow policy » consistant à ralentir par tous les moyens possibles l’effort de guerre allemand. Rien qu’en biens industriels confisqués depuis le 28 mai 1940 par l’occupant, le montant total s’élève, le 31 août 1940, à une valeur représentant cinq fois le total des exportations d’avant-guerre de la Belgique vers l’Allemagne. Par ailleurs la Belgique compte un grand nombre d’ouvriersspécialisés. Le 6 mars 1942 une ordonnance allemande institue le service du travail obligatoire en Belgique. L’ordonnance du 6 octobre 1942 va encore plus loin : elle instaure le service du travail obligatoire en Allemagne (STO). D’avril 1941 à avril 1943, 200 000 belges travaillent en Allemagne (volontaires et STO). A partir du 7 mars 1943, les étudiants de première année des Universités doivent s’inscrire aux Offices du Travail pour une période de 6 mois, et le 2 avril 1943, il en est de même pour les séminaristes. En juillet 1943, le bilan est de 310 000 travailleurs belges en Allemagne. Vont alors s’organiser en Belgique occupée de nombreux réseaux d’aide aux travailleurs réfractaires au STO, dont celui de la JOC, cheville ouvrière de l’ATE (Aide aux Travailleurs à l’Etranger) qui est, en fait, une couverture officielle pour les activités clandestines de l’ATR (Aide aux TravailleursRéfractaires aux STO). Stimulé fermement par Churchill, le gouvernement belge Pierlot- Spaak, exilé à Londres, va tenter de coordonner toutes ces initiatives en les aidant financièrement.

    C'est dans ce but que la Sûreté de l’Etat belge à Londres et le Special Operations Executive (SOE) britannique, ainsi que le Political Warfare Executive (PWE) organisent plusieurs missions en Belgique occupée qui établissent, entre autres, des contacts entre deux agents parachutés et le président de la JOC ; contacts qui aboutissent dès septembre 1943 à la constitution du Réseau Socrate. Fait exceptionnel, Socrate lève enBelgique occupée un emprunt de plus de 270 millions de francs de l’époque pour financer effectivement et équitablement la Résistance civile et armée, l’aide aux familles des condamnés pour fait de résistance, l’aide aux juifs, et à partir de fin 1943 l’aide aux réfractaires au STO. Schaltin héberge en permanence plusieurs dizaines de réfractaires au STO sous la houlette des pères Pierre Capart et Charles Dauvin en coordination avec les responsables nationaux de la JOC.

    Un rapport d’activité du 15 novembre 1942 au 31 octobre 1943 mentionne que 131 réfractaires au STO sont hébergés à Schaltin. Toutefois, l’aide à Schaltin ne se fait via le réseau Socrate qu’au début 1944 par le biais du président de la JOC, Victor Michel, en accord avec l’aumônier général, le chanoine Joseph Cardijn. Ils sont les seuls à connaître la provenance des fonds jusqu’à la libération.

    Par la rafle du 2 août 1944, le nom de Schaltin reste un témoignage en terre wallonne de la barbarie nazie. Toutefois, Schaltin constitue aussi un lumineux symbole de l’Accueil et de la Solidarité en Belgique occupée envers les plus faibles et les plus démunis, et ce sans aucune distinction; ainsi qu’un précieux témoignage de la Résistance de simples citoyens contre la Shoah et le STO.

    La rafle des enfants juifs et des réfractaires au Service du travail obligatoire (S.T.O.) - 2 août 1944. Voici le récit de la rafle par Marcel Liebman, un des enfants juifs cachés à Schaltin :

    Le 2 août, vers 9 heures, alors que le rassemblement du matin venait de s'achever, je montai dans une chambre qui servait de salle d'études, ouvris mes livres et mes cahiers de latin. J'avais à peine écrit quelques lignes qu'un vrombissement d'autos me fit sursauter [...] Je me précipitai vers la fenêtre, jetai un coup d'oeil au dehors et reculai d'horreur. Les Allemands étaient là et, hurlant des commandements incompréhensibles, faisaient irruption dans le château. Je fis quelques pas dans le hall du deuxième étage et j'y rencontrai un camarade juif. Nous restâmes là quelques instants, prêtant l'oreille, essayant de comprendre ce qui se passait sans nous risquer à descendre.

    -Ne descendons pas, dis-je à mon compagnon. S'ils montent, nous nous enfermeront dans les cabinets ou nous nous échapperons par les toits...

    -Fais ce que tu veux, moi je vais au rez-de-chaussée, me dit-il. Il tremblait comme une feuille et me regardait, hagard.

    -Tu es fou : ils vont t'arrêter ! Qu'est ce que tu risques à rester ici ?

    -C'est inutile. Nous sommes fichus ! Autant se rendre.

    Je le suppliai de n'en rien faire, de ne pas m'abandonner. En vain... Le malheureux avait perdu la tête. Il me quitta, descendit dans le hall d'entrée et se livra aux policiers nazis. Quant à moi, je me terrai dans ma chambre. Y restai-je une heure ou deux à attendre, prêt, si j'entendais les Allemands approcher, à me jeter sous un lit. Le temps me parut interminable et la situation désespérée. A tout moment, je m'attendais à voir les gestapistes faire leur apparition et s'emparer de moi. mais les minutes passaient et les quarts d'heure, interminables. Seules les rumeurs de la maison et quelques cris prouvaient que les Allemands étaient toujours dans le château. Lorsque j'entendis un nouveau bruit de moteur, je n'osai plus regarder par la fenêtre, craignant que ces vrombissements annoncent non pas le départ des Allemands, mais l'arrivée de nouveaux policiers. Après toute cette agitation, un grands silence s'était emparé des lieux. Pourtant, je restai rivé à mon lit. Cette prudence me sauva car une pétarade se produisit peu après : c'était une seconde voiture allemande arrivée en renfort.

    Il était très tard lorsque je me risquai hors de ma cachette. Prudemment, je descendis vers le premier étage et me trouvai bientôt confirmé dans mon espoir : les gestapistes avaient disparu. C'est à ce moment que je pensai à mon frère Léon. Qu'était-il devenu ? Les Allemands l'avaient-il arrêté ? Et mes camarades ? Je me précipitai au rez-de-chaussée. Léon était là, dans le hall, qui me faisait de grands signes. Et les autres, où étaient-ils ? Ils en ont arrêté sept, me dit Léon, et il me raconta le drame.

    A peine les Allemands étaient entrés au château et avaient-ils fait irruption dans le bureau de l'aumônier que tout le monde avait été rassemblé sur le perron par un des policiers. Quelques minutes plus tard, un gestapiste se planta devant le groupe de garçons, promenant sur leurs visages un regard inquisiteur. A ces côtés, il y avait ce jeune Juif qui, mort de peur, m'avait quitté pour se livrer à la police. Il était d'origine allemande et complètement égaré : cette double raison suffit à lui faire accepter la fonction d'interprète et celle d'intermédiaire. S'adressant à ses camarades, il déclara : "Voilà, nous sommes découverts. Cela ne sert à rien de nier. Ils sont venus chercher sept Juifs et c'est moi qui doit les désigner. Si je le fais pas, ils s'en chargeront eux-mêmes. Et maintenant, je vais vous traduire toutes les paroles de l'officier". Et il traduisit : "Que les jeunes gens juifs sortent des rangs. C'est une question d'honneur et de loyauté. Pourquoi vous cachez-vous ici d'ailleurs ? Car vous êtes des lâches des hypocrites, des parasites et des fainéants. Maintenant, vous allez partir pour l'Allemagne où nous vous mettrons au travail. Ce sera pour vous une vie nouvelle. Je ne vous cache pas que ce sera assez dur, mais nous vous traiterons correctement.

    Après quoi, le malheureux interprète désigna du doigt sept garçons. Parmi eux, il y avaient six Juifs, dont Léon et un jeune homme "aryen" qui put se faire reconnaitre comme tel. Les six garçons furent séparés des autres et durent se présenter dans un salon où d'autres Allemands les attendaient. Quand Léon y pénétra, il eut la présence d'esprit de déclarer : "Je ne suis pas Juif. Je suis Espagnol et vous n'avez pas le droit de m'arrêter". A sa plus grande surprise, il entendit un officier lui répondre : "Dans ce cas, excusez-nous. Les Espagnols sont nos alliés et nous avons le plus grand respect pour le général Franco. Vous pouvez vous retirer". Léon s'exécuta, abasourdi. Un autre Juif réussit à duper les Allemands et fut immédiatement relâché. Quatre garçons, parmi lesquels Samuel Freuman, furent emmenés. Après quoi, furieux sans doute de na pas avoir pu découvrir les sept Juifs qu'ils recherchaient, les Allemands se vengèrent en arrêtant trois dirigeants de la colonie (dont deux étaient des réfractaires au Service du Travail Obligatoire - S.T.O.). Tous furent déportés en Allemagne[...]

    (Ex : LIEBMAN, Marcel, Né Juif - une famille juive pendant la guerre, Bruxelles, 2011)

  • Formation gratuite sur la protection des enfants sur la route à Achet le samedi 19 octobre

    Pour voir cette affiche sous forme pdf, cliquez sur formation.pdf

  • Après-midi théâtrale avec Joseph Collard au théâtre communal de Ciney le 23 octobre

    Dans le cadre des après-midi théâtrales « Prendre le temps », le Centre Culturel de Ciney propose le mercredi 23 octobre à 14h30, les aventures du P’tit Joseph avec Joseph Collard

    Joseph Collard raconte les souvenirs de son enfance. Il crée une vaste fresque de personnages cocasses et des situations absurdes. Un spectacle comique plein de vie et de tendresse. Plus d’infos via www.josephcollard.com

    Renseignements et réservations :

    Centre Culturel de Ciney, place Roi Baudouin 1, Ciney, 083 21 65 65, culture@ciney.be

    Entrée : 7€ / Prévente : 6€

  • Evénements à venir à l'Espace contal et à l'OCTC de Hamois

    Quelques informations sur 4 évènements à venir à l'Espace Comtal et l'Office de la culture de Hamois.

     

    - Dimanche 06 octobre: Marché du gratuit à l'OCTC

     

    - Mardi 15 octobre de 10h à 11h30: La commune de Hamois en collaboration avec le BEP environnement organisera un atelier de fabrication de produits d'entretien naturels. Lieu: Espace Comtal à Emptinne ( inscription obligatoire via le 083.61.11.91 ou extrascolaire@hamois.be).

     

    - Du 23 octobre au 08 novembre: exposition didactique sur l'agriculture en collaboration avec l'Association Wallonne des agriculteurs à l'OCTC de Hamois. Ouvert en semaine et pendant les vacances d'automne. Inauguration le 25/10 à 19h.  

  • Prochain rendez-vous de networking RDMR à Ohey le 24 octobre

    MonCondroz est un site internet qui comprend un répertoire des entreprises locales ainsi qu’un agenda et une page actualités. Créé par Le Gal, son objectif est de dynamiser l’économie locale en incitant les entreprises et les citoyens à faire appel aux (autres) entreprises locales.

    Le prochain évènement de networking du RDMR (Réseau Dynamique en Milieu Rural) s’articulera autour du thème « Les nouvelles façons de travailler » et comprendra notamment une présentation de MonCondroz.

    Cet évènement dédiée aux entreprises se tiendra à Ohey, au Domaine sur les Sarts, le jeudi 24 octobre. Voici le programme détaillé de la soirée :

    • 18h30 : Accueil autour d’un verre
    • 19h00 : Présentation de la plateforme www.moncondroz.be
    • 19h30 : Réseautage guidé
    • 20h00 : Les nouvelles façons de travailler, Jérôme Mabille, Agence du Numérique
    • 20h45 : Cocktail dînatoire

    Inscription obligatoire avant le 18 octobre via x9JHaLcXw7aTZFEq8