Vernissage de l’expo « la vie au temps jadis à Hamois »

Etait-ce mieux hier ? Sera-ce mieux demain ?

Comme à chaque fois, les personnalités du monde politique et culturelle (dont les membres du CCCA, du conseil communal des enfants et de la Maison de la Mémoire) de Hamois et sa région se sont retrouvées, vendredi soir, à l’OCTC de Hamois lors du vernissage de l’expo intitulée «la vie au temps jadis » (présentée de manière générale par l'échevine des aînés, Françoise Dawance) qui est ouverte jusqu’au 30 juin de 14h à 17h.

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DSC_0168.jpgPour Gilbert Cellier, parlant au nom du CCCA (Conseil Communal Consultatif des Ainés), « la genèse du projet est un appel à projet à la Province qui rencontre notre préoccupation pour l’intergénérationnel. L’idée est de partir avec un groupe d’enfants, de leurs questions ou intérêts pour le temps passé et de traduire cela par des photos, pour en faire une exposition réutilisable. Cette expo est le résultat d’une collaboration entre le Conseil Communal des Enfants, la Maison de la Mémoire et le CCCA. Transmettre la mémoire, ce n’est pas uniquement raconter des anecdotes, des histoires, c’est aussi parler des tenants et des aboutissants : les photos des activités humaines et du patrimoine et les objets racontent comment c’était ! Les questions et les échanges que cette expo va susciter en sont le complément nécessaire pour lui donner toute sa dimension. Avec les vieux démons, nationalisme, sécuritarisme, repli identitaire, … qui réapparaissent, il est important de transmettre, de témoigner, de dire ce qui contribue au bonheur et ce qui amène le malheur ! A vous les enfants, il est important de savoir qui étaient et comment vivaient vos grands-parents et arrières grands-parents. Il ne faut pas croire que c’était mieux avant ! Tout n’est pas parfait aujourd’hui comme les conséquences désastreuses des nombreuses pollutions pour notre environnement et notre planète. A vous les ainés, regarder le passé et se remémorer notre vécu n’a pas pour but d’engendrer de la nostalgie du genre « c’était le bon temps ! » Il est de se servir de l’expérience du passé pour vivre le présent et construire le futur : c’est l’objectif que nous poursuivons ici ! »

 

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DSC_0171.jpgLes jeunes conseillers du conseil communal des enfants ont lu chacun une petite phrase avant d’offrir un petit cadeau à Luc Jadot, Jacques de Cartier, Gilbert Cellier et Luc Jadot : « merci au conseil consultatif des ainés de nous avons fait confiance pour réaliser ce projet intergénérationnel. Nous avons pu, depuis février, nous plonger dans l’histoire du passé à travers des photos et des cartes postales, des objets,… que nous ont présenté Luc Jadot, Gilbert Cellier, Jacques de Cartier, nos grands-parents et famille. Au fur et à mesure de l’aménagement du projet, des habitants de la commune nous ont également prêtés des objets, merci à eux. Merci à la Maison de la Mémoire, qui, par ses expositions et manifestations, partage avec beaucoup de pédagogie l’histoire à notre génération. Merci à Gilbert pour le montage de l’expo.

DSC_0173.jpgMerci à notre bourgmestre, Luc Jadot, qui nous transmet l’histoire de nos villages à travers ses photos, cartes postales et objets. Il n’est pas rare qu’il fasse la visite en car de l’entité en commentant son patrimoine avec beaucoup de passion ou qu’il invite les écoliers dans son musée. »

Voici, en grande partie, le discours prononcé par Jacques de Cartier d'Yves, président de la Maison de la Mémoire sur le thème "la vie au temps jadis"

 

La vie au temps jadis dans nos villages et nos hameaux du Condroz s'articulait autour de quatre piliers : le châtelain - et le châtelain était souvent bourgmestre, le curé - assisté des religieuses et religieux quand il y en avait, le docteur et l'instituteur qui était, parfois aussi, professeur de musique et dirigeant de la fanfare locale.

DSC_0177.jpgLa vie au temps jadis, c'était le monde de la lenteur : on se déplaçait à pied, à cheval ou en voiture attelée quand on en avait les moyens. Il faudra attendre le début du XXème siècle pour voir apparaitre les premières voitures automobiles qui ne vont pas encore bien vite sur les routes de ce temps-là et qui sont réservées à une élite fortunée ou les premiers avions dont le vol semble tenir du miracle, tant ils ont l'air fragiles.... Il en va de même pour les motocyclettes et les vélocipèdes. Le cheval était un auxiliaire précieux et omniprésent : il réclamait toute l'attention de son maître et était toujours soigné en premier, comme le bétail, au demeurant. Dans le monde de l'artisanat - on est encore loin du plastic et autres dérivés du pétrole - tout était fait à la main avec l'aide de machines. On prenait le temps pour faire "de la belle ouvrage" durant de longues journées de labeur, six jours sur sept.  Il en allait de même pour l'agriculture où une main d'œuvre abondante et saisonnière était nécessaire pour les travaux des champs . Ici encore, le cheval était roi dans la cour de ferme.

Le vie au temps jadis, c'était le monde du silence, sans électricité, sans poste de radio ou de télévision, sans eau qui coule au robinet et sans toilettes à chasse d'eau...Les bruits familiers d'alors nous sembleraient étranges aujourd'hui : le halètement des machines et trains à vapeurs, le ronronnement des premiers moteurs électriques, le grésillement de la lampe à pétrole, le murmure de l'eau de nos ruisseaux et rivières qui fait tourner les moulins, le martèlement du fer dans la forge avec la respiration du soufflet, le son des conversations des adultes, des rires des jeux d'enfants, la mélodie des chansons - tristes ou gaies - et des instruments de musique que l'on joue à domicile ou dans les sociétés, le tintement des cloches des églises qui découpent les journées inlassablement ou appellent les fidèles à l'office, celles des écoles qui appelle au rassemblement et au silence avant la rentrée des classes, celles des châteaux qui rythment le travail, les pauses et les repas du personnel. Mais par deux fois, en 1914 et 1940, ce fut aussi le grondement du canon, le sifflement des balles et le fracas des bombes...

La vie au temps jadis, c'était le monde de la convivialité, de la vie sociale et laborieuse intense : il y avait beaucoup de monde au travail dans les fermes, dans les fabriques et dans les châteaux. Dans les villages et les hameaux, par beau temps, les portes étaient ouvertes et il y avait des bancs devant les maisons pour profiter des heures chaudes des belles soirées d'été. On se déplaçait peu et si on se déplaçait, on n'allait pas très loin : à Ciney, Andenne, Huy ou Namur, les jours de foires et marchés. Aller à Bruxelles, c'était déjà toute une expédition et aller à la mer, c'était un grand voyage !

La vie au temps jadis était rythmée par les évènements familiaux, l'occasion de réunir toute la famille et les cousins : les naissances et les baptêmes, les communions - la petite et la solennelle - et confirmations, les fiançailles - "courtiser", ce mot si plein de sens d'un autre âge - et les mariages, les décès, les veillées funèbres et les enterrements. Mais elle était aussi entrecoupée des évènements récurrents du calendrier : les foires et marchés, les kermesses, les processions - celle des Rogations, du 15 août et de la Fête-Dieu, sans oublier, de temps à autre, les missions prêchées par de vibrants et zélés prédicateurs...

Il y avait enfin la vie culturelle : concerts des fanfares, galas et pièces de théâtre des sociétés dramatiques et chorales, sans oublier les grands anniversaires du Royaume en 1905 et 1930 ou le cortège de la fête de la libération en 1919. N'était-elle pas belle la vie au temps jadis ?la vie au temps jadis à Hamois

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