75e anniversaire de la bataille sur les Sarts le 23 juin à partir de 10h15

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Historique de la bataille de Maibelle ou sur les Sarts 

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Ici a eu lieu la bataille de Maibelle appelée aussi combats de Sur les Sarts . Dans la nuit du 19 au 20 juin 1944, un groupe d’une quarantaine de résistants, provenant de la région de Mozet, vient s’installer provisoirement dans cette ferme, tenue par la famille Michaux.

Suite à quelques indiscrétions et à une dénonciation, ce lieu tombe vite dans le collimateur de la Gestapo ( Geheime Staatspolizei - police secrète allemande ). Les nazis pensent d’abord qu’il ne s’agit que d’une sorte de dépôt de la résistance locale. Le dimanche 25 juin à 8 h du matin, la descente de quelques membres de la Gestapode Dinant, qui comptaient investir les lieux facilement, va tourner en une véritable bataille, qui durera une bonne partie de la journée. Les résistants vont se battre comme des lions contre des troupes allemandes toujours plus nombreuses et venues d’un peu partout.

Le bilan sera lourd pour les nazis : 142 morts et 260 blessés tandis que 17 résistants y laisseront la vie, parfois dans d’atroces circonstances. En effet, deux d’entre eux, après avoir été capturés, seront torturés et finalement abattus, après avoir subi d’épouvantables sévices ! Deux autres seront envoyés dans un camp de concentration dont ils ne reviendront jamais.

Tandis que leur ferme est pillée, saccagée et incendiée, les membres de la famille Michaux, considérés eux aussi comme des terroristes par les Allemands, sont embarqués dans un camion et transférés à la prison de Namur dans l'attente d'être envoyés en camp de concentration. Miraculeusement le fils, le petit André - âgé d'à peine 13 mois - sera malgré tout épargné et confié à des voisins par un garde allemand ayant conservé un peud’humanité. Joseph, le papa, mourra en déportation au camp de Buchenwald, fin 1944.La maman, Joséphine, déportée au camp de Ravensbrück, et le grand-père, Armand, déporté lui aussi au camp de Buchenwald, survivront à la déportation, mais décéderont tous deux, dans les années qui suivront la guerre, des suites des séquelles des traitements inhumains subis en camp de concentration. Le groupe de résistants sera reconnu par l’Armée secrète (A.S.) comme rattaché au groupe 7, secteur 3, Zone 5.

Quelques mots sur l'armée secrète

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Dès 1940, des officiers de l’armée belge vaincue créent la Légion belge d’une part etl’Armée belge reconstituée, d’autre part. Ces deux mouvements de résistance se joignent ensuite pour former d’abord l’Armée de Belgique en 1942, qui prendra ensuite l’appellation d’Armée secrète ( A.S.) en 1944, sous le commandement du lieutenant général Jules Pire. Ayant la confiance du gouvernement belge en Angleterre qui lui avait conféré un statutmilitaire officiel, l’A.S. fut privilégiée par Londres en ce qui concerne lesapprovisionnements en armes, munitions, matériels, intendance, parfois au détrimentd’autres mouvements de résistance nettement plus ancrés à gauche, comme le Front del’Indépendance (F.I.). L’A.S. fut très active sur le terrain, menant de très nombreuses actions stratégiques et tactiques telles des missions de renseignement, de sabotage, de harcèlement de l’ennemi (dès septembre 1944), ou encore de préservation des infrastructures utiles.

Considéré comme le mouvement de résistance le plus important de Belgique, l’A.S. futégalement appelée l'Armée blanche en raison de la teinte beige clair de leur uniformeconstitué d’une salopette en toile de jute ( fournie par les Britanniques ). A elle seule, l’A.S.comptera un tiers de tous les effectifs des 16 mouvements de résistance reconnus dans notre pays, c'est-à-dire près de 54.000 sur un total général d’environ 168.000.

Le général Eisenhower, commandant en chef des troupes alliées en Europe a évalué à 15divisions l’apport de la Résistance française et belge et en a souligné le rôle essentieldans les combats pour la libération des territoires occupés et la victoire finale sur les forcesde l’Axe.

Quelques mots sur la résistance dans le Condroz

Très présente dans notre région, la Résistance est constituée principalement desmembres de l’Armée Secrète (A.S.) mais également du Front de l’Indépendance (F.I.) , du Mouvement national belge (M.N.B.) et de l’ Armée de Libération (A.L).
Leurs actions dans le domaine du renseignement, mais également dans celui du sabotage et des coups de mains armés, seront très nombreuses et causeront à l’ennemi de graves préjudices, surtout en 1944. Ne citons que l’accrochage de Braibant, le 26 juin ; ladestruction du pont de chemin de fer de Lienne-Ciney, le 5 juillet ; le sabotage du tunnel de chemin de fer de Yvoir-Spontin, le 19 juillet ; la bataille de Jannée, le 27 août ; les combats du Bois des Tailles à Houyet, le 3 septembre, et la capture du général-major de la Waffen SS Kurt Meyer , commandant de la 12e Panzerdivision SS « Hitlerjugend », le 6 septembre à Spontin.

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Ciney sera baptisée « Capitale du Maquis » en raison de cette intense activité de laRésistance et notamment pour l’importance des missions de harcèlement de l’ennemi, surtout dans les jours qui précèdent la libération de la région, début septembre 1944.

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