Pourquoi 2020 est excellente pour les abeilles : Jean Marteaux, apiculteur, nous l’explique !

DSC_0236.jpgTout le monde l’a bien remarqué, et cela n’a rien à voir avec le Covid 19 (sauf que l’on a plus le temps de s’intéresser à la nature depuis le confinement !), les fleurs sont apparues sur les arbres, arbustes et autres haies de manière plus précoce. Et, comme la pollinisation (fécondation indispensable à la reproduction sexuée des plantes à fleurs) est surtout assurée par les abeilles sauvages ou domestiques, pour en savoir davantage, j’ai rencontré Jean Marteaux, un apiculteur de Natoye, passionné par le monde des abeilles et de la nature depuis près de 60 ans !

DSC_0231.jpgMême s’il va bientôt fêter ses 75 printemps, il est toujours bon pied, bon œil pour s’occuper du mieux qu’il peut de ses protégées, se faisant seulement aidé dans la récolte du miel, le travail final de tout apiculteur.

Jean Marteaux a débuté sa passion pour l’apiculture à Thynes dans les années soixante. Lorsqu’il a déménagé avec son épouse à Natoye, il a emmené sa dizaine de ruches. Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’il avait choisi comme lieu de résidence le centre névralgique de la Wallonie où l’on retrouvait pas moins de 8 apiculteurs (dont André Fortemaison et Simon Bodart). Dans les années 50, ils étaient 16 ! Jean est d’ailleurs depuis des années trésorier et secrétaire de la section apicole de Natoye. Pédagogue, Jean donne également des cours à l’école d’apiculture de Viroinval, Natoye (local situé à l’ancien café du Centre), Dinant, Rochefort et Namur et aux enfants de la commune de Hamois lors des journées « place aux enfants ».

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DSC_0229.jpgJean a installé ses 16 ruches (il commence à se sentir dépassé cette année !) à l’entrée du village de Natoye dans un milieu bien propice au travail de pollinisation des abeilles avec la proximité de magnifiques haies d’aubépine, de pissenlits, colza, phaselis, …. C’est ce qui explique aussi que son miel est simplement dénommé « ruche au pot », sans aucune spécification comme certains (miel d’acacias, …) qu’il juge souvent fantaisiste !
DSC_0233.jpgCette année, Jean a gagné 3 semaines avec la pose des hausses pour les fleurs de printemps : la floraison des merisiers, qui débute habituellement le 27 ou 28 avril, a commencé le 1er avril ! Le plus souvent, on ne faisait rien avant le 1er mai. Pourquoi cette avance ? C’est très simple, l’été passé a été excellent, nous n’avons pas eu d’hiver et le printemps a été précoce ! Néanmoins, il faut savoir que la saison apicole se prépare à l’automne et que les conditions de début d’année n’ont fait que renforcer cette précocité. Même constatation chez ses amis apiculteurs alsaciens où il n’y a pas eu beaucoup d’hiver !

DSC_0235.jpgPour Jean, nous nous rapprochons de plus en plus des climats du sud ! De plus, comme le varroa, un acarien parasite de l’abeille adulte n’aime pas la canicule, il faut moins traiter ! Pour avoir un bon miel, il faut 3 choses : du soleil, des fleurs et surtout un colonie d’abeilles bien gérée comme le fait Jean qui visite ses ruches le plus souvent possible. Un apiculteur avisé visite ses ruches par temps sec et sans vent (pensons à notre mois d’avril !). La fin de la matinée d’une journée ensoleillée, quand les butineuses sont de sortie, est un bon moment. Calme, minutie et rapidité sont les qualités requises pour ouvrir les ruches afin de déranger le moins possible la colonie.

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Pour Jean, le collecte des hausses va bientôt débuter. La vente de son miel (de 25 à 35 kg en moyenne par printemps), par pots de 500g, ne se fera pas avant le 1er juin. Pour l’acheter, il suffit de contacter Jean (083.21.23.13 ou 0497.31.62.48).

DSC_0230.jpgPour rendre visite à ses ruches, comme Jean l’a fait avec moi mardi après-midi, il a revêtu (comme moi !) une tenue qui le protège des piqûres des abeilles. Elle doit être blanche de préférence, car les abeilles réagissent de façon agressive aux couleurs foncées. En revanche, le voile sur le visage (la vareuse), est en tulle noir ; il permet une meilleure vision que le tulle blanc. Autre précision : comme je n’étais pas vêtu de la protection complète, Jean m’avait bien précisé de ne gesticuler le moins possible afin de ne pas énerver les abeilles et s’enfuir dare-dare !

Commentaires

  • Article très intéressant et le miel de Jean est adoré des enfants !

  • Très bon exposé!

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