Les conversations nature au domaine provincial de Chevetogne: cycle de 6 conférences pour reconnecter l'homme à la nature

Durant l’automne 2020, le Domaine provincial de Chevetogne sera le lieu de rencontres entre des experts de l’environnement et du paysage et les citoyens. Six rendez-vous pour traiter de l’esthétique de nos jardins, de l’avenir de nos forêts, de la biodiversité ou de la manière d’habiter la nature. Ces conversations inscrivent un peu plus encore le parc dans sa transition vers une gestion éco-responsable et durable.

Dates des 6 rendez-vous !

  • Samedi 3 octobre à 14h
  • Samedi 17 octobre à 14h
  • Jeudi 29 octobre à 19h 
  • Jeudi 12 novembre à 19h 
  • Jeudi 26 novembre à 19h
  • Jeudi 3 décembre à 19h

Où :  Château du Domaine Provincial de Chevetogne
Infos et réservations : https://www.domainedechevetogne.be/conferences

DSC_0170.jpg

Introduction par Bruno Belvaux, directeur du Domaine, écoutons-le 

Toutes les questions que posent les agressions actuelles à la biodiversité sont complexes car pluridisciplinaires, sociales, culturelles, ...
Or nous assistons chaque jour à des décisions prises dans l’urgence, à des rituels incantatoires qui auront des effets sur ce qu’il adviendra de notre environnement. Chaque jour, nous travaillons dans le parc à « inventer un nouveau modèle de gestion de l’environnement » en réinstallant des prés fleuris, multipliant les zones humides, réhabilitant le pacage (pâturage en forêt) par des moutons.

Toutes ces actions, nous les voulons inscrites dans une réflexion plurielle considérant la nécessaire protection de l’environnement, l’activité économique et touristique, la gestion des ressources, ... Pour cela, nous avons recours aux plus grands spécialistes actuels dans les matières liées à l’environnement. Nous les avons invités à venir nous expliquer leurs observations, et avec vous, à retrouver le plaisir d’une réflexion complexe, d’un échange fécond, porteur de changement, de développement durable.

La réflexion précède l’action et chaque choix doit s’inscrire dans le cadre global d’un schéma directeur ... à cent ans ! (consultez aussi le projet de schéma directeur « Le musée vert »). Rejoignez-nous pour 6 conférences d’exception qui vous feront découvrir notre patrimoine vert.

Découvrez le programme complet

page2image31557888

1. Samedi 3 octobre 2020 de 14h à 17h - Benoît Fondu (conférence walk and talk)Quelques observations sur la théorie et la pratique du jardinage en comprenant une défense de cet art.

Dans Le Triomphe de la sensibilité, Goethe décrit un prince qui adore la nature. Les hôtes, chez qui il arrive, lui ont préparé un déjeuner de chasse dans la forêt. Mais le prince n’aime pas la nature brute. Il la préfère artificielle (artialisée) et, d’ailleurs, l’emmène toujours dans des caisses lorsqu’il voyage : les boites du prince portent la mention de leur contenu, cascades, folies, chants d’oiseaux, arbre taillé, ...

Biographie du conférencier : jardinier et architecte du paysage, Benoît Fondu est également diplômé en restauration des paysages, parcs et jardins historiques. Il travaille pendant 2 ans l’Arboretum de Kalmthout où il acquiert sa plus riche expérience et où il continue à se perfectionner en botanique. Son analyse poussée du patrimoine arboré et des structures existantes d’un site lui permettent de proposer et de réaliser des projets paysagers respectueux de la mémoire des lieux. Ses interventions se situent dans la lignée de la tradition du jardinage et font appel à la connaissance tacite de sa pratique. Les projets de son équipe les mènent dans divers pays Européens, le bassin méditerranéen et l’Afrique équatoriale. Depuis 1997, il accompagne l’enthousiaste équipe du Domaine de Chevetogne dans l’élaboration d’un projet paysager unique en son genre.

DSC_0974.jpg

2. Samedi 17 octobre de 14h à 17h - Dimitri Belayew (conférence walk and talk)De la subsistance paysanne aux loisirs pour tous, l’étrange destinée du Domaine de Chevetogne. Quand une balade paysagère nous révèle les dessous de la genèse d’un territoire.

Pourquoi ce territoire est-il resté aussi longtemps inculte alors que les paysans ont toujours cherché la moindre parcelle à labourer ? Pourquoi cette fraction boisée du finage de Chevetogne a-t-elle pu être soustraite, un jour, à l’espace de vie des paysans alors qu’elle constituait un maillon essentiel de leur subsistance ? Pourquoi des familles aristocratiques puis bourgeoises ont-elles pu acquérir et aménager ce domaine en parc paysager alors qu’à l’époque on tentait d’accroître la productivité économique de tout le territoire ?

Pourquoi les pouvoirs publics en sont-ils devenus propriétaires et l’ont-ils ouvert au grand public alors que jusque-là seule une élite avait pu jouir de ses bienfaits ?

Trois kilomètres de cheminement pédestre, huit focus éclairant chacun une des logiques qui ont façonné le territoire au cours du temps et un court exposé de synthèse tenteront d’apporter un éclairage à ces interrogations que nous pose aujourd’hui le Domaine de Chevetogne.

Biographie du conférencier : Dimitri Belayew a été titulaire durant 10 ans du cours d'histoire du paysage qu'il a créé pour le master en architecture du paysage (Gembloux). Avec l'UNamur, il a mis sur pied le certificat d'Université en analyse Paysagère, qui a évolué pour devenir ensuite les "Ateliers du paysage", dont Mr Belayew est le principal formateur. Aujourd'hui retraité de l'enseignement supérieur et universitaire, il anime encore le bureau qu'il a fondé en 2012, « Paysages Expertises et Formations », au nom duquel il amène son expertise d'analyse paysagère aux territoires ruraux et urbains qui le sollicitent. Il a conçu et réalisé quatre observatoires du paysage (communes de Anhée et Floreffe, observatoire des paysages ruraux de l’UNamur, Domaine d’Haugimont à Gesves) et des paysages urbains (Confluent des savoirs à Namur).

DSC_0117.jpg

3. Jeudi 29 octobre de 19 à 21h30 - Marc Dufrêne
Réconcilier l'humanité avec la biodiversité. Un challenge impossible ?

L'état de la biodiversité dans le monde est très inquiétant. Avec plus d'un million d'espèces et 25% des vertébrés, invertébrés et plantes qui ont été étudiés considérés comme menacées d'extinction, l'humanité est face un défi majeur sans doute plus prioritaire que les défis climatiques. Et pourtant, la biodiversité représente une partie significative des solutions tant pour les enjeux climatiques, que les enjeux alimentaires, sanitaires, environnementaux, sociaux et économiques de ce siècle. Au lieu de vouloir développer une économie décarbonée, c'est peut-être l'inverse qu'il faut faire : une économie où la biodiversité est maximisée dans tous les processus de production et de régulation, où le carbone mobilisé n'est plus celui des énergies fossiles mais bien celui qui représente cette fois la vie actuelle, pas celle d'il y a quelques centaines de millions d'années.

Biographie du conférencier : Marc Dufrêne est biologiste et professeur à l'ULiège à Gembloux AgroBio- Tech où il enseigne et travaille sur la conservation de la biodiversité, la mise en valeur des rôles qu'elle assure pour l'humanité et le développement de méthodes alternatives de gestion des paysages ruraux (avec l'agroécologie notamment). Il a longtemps travaillé au Service Public de Wallonie pour développer le Portail Biodiversité en Wallonie, la mise en oeuvre de Natura 2000 et d'ambitieux projets de restauration d'espaces naturels. A l'ULiege, il développe des projets de recherche sur l'insertion des concepts de réseaux écologiques et d'infrastructures vertes et l'évaluation intégrée des services réalisés par la biodiversité avec un focus particulier sur le développement de l'écotourisme orienté "nature sauvage" en Wallonie.

DSC_0243.jpg

4. Jeudi 12 novembre de 19h à 21h30 - Gilles Tiberghien De la nécessité des cabanes

L’étymologie du mot cabane veut dire « petite maison » c’est pourquoi on a pensé que les cabanes étaient à l’origine de l’architecture. Mais on ne fait pas des cabanes comme on construit des maisons en suivant des plans. Pour une cabane on se débrouille sur place avec ce que l’on a, on bricole avec des planches, des draps, de la ficelle. On trouve des chaises, des branches, un arbre tout entier et on invente un monde.

Les cabanes on s’y abrite et on y voyage. Elles nous protègent et nous exposent à la fois. Ces constructions sont souvent liées à la nature mais on en trouve aussi en ville dans des lieux un peu retirés, sous des arcades ou des ponts où les SDF peuvent espérer dormir en paix. Mais pour chacun ces cabanes sont des espaces précieux qui nous permettent de mieux vivre et cela à tous les âges. Nous avons tous besoin de construire des cabanes les enfants comme les adultes.

Biographie du conférencier : Gilles A. Tiberghien, Maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il enseigne l’esthétique. Parmi ses dernières publications : "De la nécessité des cabanes", Bayard, 2019 et "Le paysage est une traversée", éditions Parenthèses, 2020.

DSC_0174.jpg

5. Jeudi 26 novembre de 19h à 21h30 - Andrée Corvol La forêt : trois siècles de mutations - 1700-2000

La forêt est aimée, certes, mais son évolution, incomprise. Souvent, les associations de défense des paysages voudraient les figer. Or, les arbres sont comme les hommes : ils vivent et ils meurent. Comment vont évoluer nos forêts ? Comment les adapter à un avenir incertain ? Doit-on laisser faire la nature ? Doit-on au contraire l’assister, voire la piloter ?

Biographie de la conférencière : Directrice de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) depuis 1985, Andrée Corvol a fondé le Groupe d’Histoire des Forêts Françaises (GHFF). Dans les années 1990, vice-présidente de l’Union Internationale des Instituts de Recherche Forestière (IUFRO) et de l’Association Internationale Des Entretiens Écologiques (AIDEC), elle fait partie du Conseil scientifique de l’Office National des Forêts (ONF). Dix ans plus tard, elle est élue àl’Académie d’Agriculture, couronnement d’une carrière consacrée à l’Arbre et à la Forêt, en rapport avec l’économie, l’environnement, les civilisations et les mentalités. En témoignent ses nombreux articles et ouvrages.

DSC_0180.jpg

6. Jeudi 3 décembre de 19h à 21h30 - Catherine Chomarat-Ruiz Une esthétique pour les jardins d’aujourd’hui

Jardins anglais ou à la française... Entre lignes courbes et lignes droites, entre nature laissée à elle- même ou mise au compas, l’esthétique des jardins semble une affaire bien connue. Pourtant, elle est ainsi réduite à une préoccupation frivole et passéiste, une histoire de styles, de fluctuations du goût ou de modes, de tournant du XVIIe au XVIIIe siècle. « Mais que pourrait-elle recouvrir d’autre ? », dira- t-on. Réponse : une préoccupation majeure pour les jardins de notre temps.

Biographie de la conférencière : Philosophe, Catherine Chomarat-Ruiz est professeure à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, après avoir longtemps travaillé sur les jardins et les paysages. À ce titre, elle a notamment publié un Précis de paysagétique (Presses universitaires de Valenciennes, 2014) et un essai consacré au Digital Land Art (éditions Eterotopia, 2018).

DSC_0214.jpg

En pratique

Infos et réservations :

  • www.domainedechevetogne.be/conferences
  • Tél : 083.687.255
  • Events.chevetogne@province.namur.be

  • Tarif : 12€/étudiant – 15€/tarif normal

Le port du masque sera exigé. Conférences limitées à 40 participants.

Les commentaires sont fermés.