Festivités

  • La ville de Ciney a fêté 9 de ses pensionnés

    DSC_0181.jpgAlors qu’auparavant, la ville de Ciney fêtait les membres du personnel de l'ensemble des services admis à la pension lors du traditionnel repas du personnel de fin d’année, depuis l’an dernier, ils sont mis à l’honneur à l’hôtel de ville, lieu plus pratique que la salle du Cecoco où le brouhaha régnait lors des discours ! La nouvelle majorité de la ville de Ciney a donc poursuivi la même démarche. En compagnie de leurs familles, 9 pensionnés ont été mis à l'honneur et félicités par le Collège communal et aussi par leurs anciens collègues.

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    Du côté du service des travaux, 3 pensionnés :

    • Fernand Corhay, l’homme qui avait un bob sur la tête, un homme des bois au caractère bien trempé, qui travaillait à l’ancienne. Depuis 1987, il se chargeait des travaux forestiers pendant la saison hivernale et du fauchage et du débroussaillage pendant l’été. Il était aussi responsable du service hiver

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    • Philippe Marsia que tout le monde appelait Philochet. Après des années au garage Pierrard, il a travaillé comme mécanicien à la commune depuis 1996. Il était le spécialiste du petit matériel, tondeuses, taille-haies, … et bien sûr des voitures. Collègue serviable et disponible, il était toujours à l’écoute. Petit détail, si Philochet n’était pas tout noir en fin de journée, il n’était pas content de lui, estimant n’avoir pas bien travailler !

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    • Jean-Pol Miller est entré à la ville de Ciney depuis 1997 comme pompier volontaire et a ensuite intégré le service des travaux comme ardoisier. Il n’y est resté que quelques années pour ensuite prendre une pause carrière et travailler avec son fils, toujours comme ardoisier. Il a maintenant atteint l’âge de la retraite, à la commune du moins !

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    Du côté des services administratifs, 2 pensionnés :

    • Pierre Pisart, qui, pour ceux qui l’ont côtoyé, était un collègue très agréable, quoique très réservé, voire un peu secret ! Il est entré à la ville de Ciney comme maître-nageur mais a rapidement quitté la piscine pour rejoindre l’hôtel de ville. Il a travaillé quelque temps au service culturel avec Guy Hermant bien avant la création du Centre Culturel au temps où le service se résumait à deux petits bureaux au 2e étage de l’hôtel de ville. Il a ensuite intégré un bureau au rez-de-chaussée où il s’est occupé, jusqu’à la fin de sa carrière, du service patrimoine, de certains marchés publics et de l’administration du service des travaux en général.

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    • Francine Vandekan est entrée à la ville de Ciney en 1989 après avoir travaillé à l’état-civil de la ville de Ciney et au commissariat d’arrondissement à Dinant. Elle a d’abord travaillé au secrétariat du Conservatoire de Musique, puis à Inforjeunes, au coin de la rue Saint-Pierre, dans les locaux de l’école communale où elle a assuré seule les permanences et l’accueil des jeunes pendant près de 15 ans. En 2014, Inforjeunes a rejoint les locaux de la Maison citoyenne au Château Chaput où elle a terminé sa carrière.

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    Du côté des enseignants de l’école communale de Leignon, 2 pensionnés 

    • Moïse Dumont, instituteur de formation, a rapidement été désigné à l’école de Chevetogne où il est resté 14 années durant lesquelles une classe maternelle a été créée, puis dédoublée et dédoublé la classe primaire. Il a ensuite été chef d’école temporaire de l’enseignement primaire spécial à Ciney puis enfin directeur de l’école de Leignon et de ses implantations, Haversin, Chevetogne et Pessoux. Depuis 2009, il était détaché au Conseil de l’Enseignement où il a notamment travaillé à la formation des futurs directeurs d’écoles. Il est également très impliqué dans le secteur associatif local : administrateur de l’ASBL Centre Culturel de Ciney, membre du Kiwanis, instigateur de la tarte Saint-Maurice de Chevetogne, chargé des allocutions des groupements patriotiques de Chevetogne, … Cyclotouriste averti, il est aussi le président-fondateur des 24 heures cyclistes contre le cancer qui, depuis 1983, a récolté plus de 725.000 euros offerts à l’Association sportive contre le cancer.

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    • Bruno Parfondry a été désigné dans la petite école de Sovet après quelques courts remplacements en tant qu’instituteur à l’école de Ciney mais aussi dans d’autres écoles de la région. Il y fut successivement titulaire des 6 années primaires puis uniquement des 4e, 5e et 6e. Il mit toujours un point d’honneur à ce que tous ses élèves obtiennent leur CEB avec mention et ce fut le cas chaque année à Sovet ! Homme de défis, il se forma pour apprendre la méthode TEACH et devint enseignant à l’Envol, puis aux Forges où il enseigna les mathématiques, les sciences sociales et même le néerlandais dans le degré inférieur. En 2010, il devint, en remplacement de Moïse Dumont, directeur f.f. de l’école de Leignon et de ses implantations. Il y fut ensuite nommé comme il avait réussi les modules de formation nécessaires. Perfectionniste, il mettait un point d’honneur à ce que toutes les formalités administratives soient scrupuleusement respectées et attachait beaucoup d’importance à la formation pédagogique. Un accroc de santé mit, hélas fin à sa carrière en 2016.

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    Du côté du Conservatoire Edouard Bastin, 2 pensionnés :

    • Bernard Franco qui, après des études musicales au Conservatoire de Ciney puis d’une formation aux Conservatoires royaux de Bruxelles et de Liège, devint professeur de guitare au Conservatoire de Ciney pendant une vingtaine d’années puis directeur pendant plus de dix ans. Il a été également professeur de guitare et d’ensemble de guitares lors de stages en Belgique et en France, membre du jury lors de concours nationaux et internationaux, compositeur-interprète de spectacles poésie-musique et de concerts en duo avec son épouse Geneviève Mailleux, membre de la Sabam, secrétaire de l’Association de l’Enseignement Musical Subventionné, … Il est administrateur de l’Espace Culturel et du Centre Culturel depuis leur création et assure, depuis peu ; la présidence du Centre Culturel.

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    • Lydia Meszcczynski, plus connue sous le patronyme de Terf. Professeur de danse au Conservatoire de Ciney, mais aussi à Marche et à Rochefort, elle a été une enseignante très discrète, mais appréciée de tous pour son calme, sa rigueur et sa conscience professionnelle. Pendant 40 ans, elle est venue de Francorchamps, où elle réside pour enseigner à Ciney. Même si les conditions climatiques arrêtaient bien d’autres personnes, elle n’a jamais été absente ni même en retard. On retiendra son ballet de danse classique, organisé tous les 3 ans et très apprécié tant par les élèves que par leurs parents, aboutissement de tout son travail.

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    Pour voir les 62 photos que j’ai prises lundi soir, il suffit de cliquer sur https://ciney.blogs.sudinfo.be/album/pensionnes-ciney-oct-19/

  • 120 convives au 24e repas ardéchois à Hamois

    DSC_0115.jpgLa tradition a été une nouvelle fois respectée à Hamois : le dimanche qui suit la kermesse du village, le comité de jumelage Valgorge-Hamois a organisé un repas aux accents de l’Ardèche avec des fromages, des charcuteries, des vins ramenés spécialement de cette région et la marquisette en apéritif (apéro typiquement ardéchois concocté par votre serviteur depuis des années) .

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    DSC_0138.jpgSi, en 2013, un nombre record de 143 convives avait été comptabilisé, souvent, c’est autour de cent personnes (un peu plus ou un peu moins) qui se retrouvaient à la Maison des Jeunes de Hamois pour déguster les spécialités ardéchoises. On peut donc dire que 2019 est un bon cru (comme celui des vins ardéchois proposés et appréciés de tout le monde) puisque 120 assiettes de fromage et de charcuteries ardéchoises et 120 cafés gourmands ont été servis !

    DSC_0130.jpgUn petit plus cette année, puisqu’une ardéchoise (Béatrice) était présente, reçue par ses jumelles durant quelques jours découvrir le Condroz sous les conditions automnales. Au cours de ce 24e repas ardéchois, chacun a eu une pensée pour André Lenoir, président hamoisien du jumelage, hospitalisé depuis quelques semaines.

    DSC_0157.jpgLa bonne ambiance a été à nouveau de mise lors du traditionnel Loto express où, une première ligne a permis de faire gagner à Zouzou une bouteille et un saucisson et ensuite, à Véronique Monjoie, avec la carte complète, une cave à vin d’Ardéche.

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    Comme cette année, ce sont les Ardéchois qui sont montés en terres condruziennes pour fêter officiellement le jumelage autour du 21 juillet, il faudra attendre 2021 pour que les Hamoisiens ne descendent en masse en Ardèche pour y participer à la traditionnelle rencontre entre familles jumelles autour du 14 juillet.

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    Pour voir 59 photos que j’ai prises tout au long de ce dimanche 20 octobre pluvieux, il suffit de cliquer sur https://ciney.blogs.sudinfo.be/album/24e-repas-ardechois/

  • Bonne ambiance lors de l’apéro Schaltinois

    DSC_0372.jpgAlors qu’habituellement un apéro Schaltinois est organisé à la veille du congé de la Toussaint devant le château de l’institut de Schaltin afin de démarrer officiellement la traditionnelle opération chocolat, les organisateurs ont préféré l’avancer d’une semaine et ainsi profiter de l’installation et de la mobilisation de beaucoup de monde à l’occasion de la commémoration du 75e anniversaire de l’Institut et de la rafle du 2 août 44. En conséquence, un plus large public a pu être présent à cet apéro !

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    Pour voir 8 photos que j’ai prises hier soir, il suffit de cliquer sur https://ciney.blogs.sudinfo.be/album/aperos-schaltinois-oct-19/

  • Commémoration des 75 ans de l’institut de Schaltin et de la rafle d’août 44 ce week-end

     

    DSC_0256.jpgFinalement, et heureusement pour les organisateurs, la pluie avait cessé de tomber sur le Condroz quelques heures avant la partie officielle de la commémoration du 75e anniversaire de la fondation de l’Institut de Schaltin et de la rafle des enfants juifs et des réfractaires au Service de Travail Obligatoire du 2 août 44. Le soleil était même de la partie et, malgré le froid présent, chacun a eu ainsi l’occasion de suivre des chants, des inaugurations de panneaux et des danses qui alternaient les très nombreux discours où André Boulvin, administrateur délégué de l’ASBL Foyers pour Jeunes et Adultes et Jacques de Cartier d’Yves, de la Maison de la Mémoire jouaient le rôle de présentateurs.

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    André Boulvin a rappelé que dès le 1er avril 1943, le château de Schaltin accueillait des enfants dont la malnutrition mettait leur vie en danger, des enfants juifs qu’il fallait soustraire à l’occupant et des jeunes réfractaires au travail rendu obligatoire en 1942, en Belgique, puis en Allemagne. Parmi ces enfants juifs, il y avait Marcel Liebman, devenu professeur à l’ULB et son frère Léon qui s’en sortit, osons le dire, miraculeusement. Le régime y était assez strict : nourriture, repos, exercices physiques, cours pour combler le retard scolaire. Ce refuge était organisé par la JOC nationale sous la responsabilité du chanoine Cardijn et de Victor Michel, président de la JOC avec l’aide du père Cappart. Nous aurions dû fêter cet anniversaire il y a un an mais nous avons voulu y associer un événement bien plus douloureux, la rafle du 2 août 1944 qui est liée à cette initiative risquée de la JOC de résistance à l’occupant et de solidarité concrète vis-à-vis de jeunes démunis et en danger.

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    Le professeur docteur Luc Michel, fils de Victor Michel, qui a réalisé un remarquable travail d’historien sur les archives de son père, a ensuite décrit les 3 drames de la Belgique occupée sous le titre « Schaltin et la JOC »

     

     

     

     

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    Le premier intermède a permis de reconstituer (on s’y croyait !) la rafle du 2 août 44 avec deux véhicules militaires et des Allemands en tenue d’époque venus enlever des enfants et des adultes devant le château.

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    Premier témoignage, lu par des élèves de l’institut, de Siegfried Glatt, habitant actuellement à Rio de Janeiro, âgé de 95 ans et qui a vécu la rafle.

    Bonjour à tous. Quelle émotion de me retrouver en ces lieux. Je m’appelle Siegfried Glatt.  Je suis arrivé ici à Schaltin en janvier 1944. Je vivais à Bruxelles avec ma mère, mon père lui, était resté au Brésil.  C’est le Grand Rabin de Bruxelles qui m’avait envoyé ici.  Il m’avait expliqué qu’une association accueillait les enfants juifs comme moi afin de les cacher.  Plusieurs riverains s’étaient rassemblés afin de s’occuper de jeunes enfants à problèmes. Après un long trajet en train et puis à pied, je suis arrivé devant ce château.  J’avais 15 ans.

    Quand je suis arrivé, on m’a donné une chambre et de quoi manger mais aussi une nouvelle identité.  Je suis devenu Freddy Vandamme.  Je vivais ici avec une soixantaine de jeunes comme moi dont une douzaine d’enfants juifs qui eux aussi devaient se cacher.  Je ne savais rien d’eux, ni leur identité réelle, ni leur histoire. C’était mieux ainsi.

    La vie était plutôt calme ici.  Nous voyions de temps en temps passer des véhicules militaires et des soldats mais nous nous sentions en sécurité, à l’abri dans ce petit village tranquille, malgré la guerre qui faisait rage.

    Le 2 aout 1944, les événements se sont enchainés à une telle vitesse que je sens encore les frissons me parcourir.  Plusieurs véhicules allemands ont débarqué.  Nous avions peur, c’était totalement inhabituel.  Je me souviens m’être dépêché d’aller enterrer les lettres de ma mère dans un fossé.  Ils venaient pour nous, les Juifs, c’était certain. Ne sachant que faire, j’ai attrapé un grand livre, je me suis installé sur la terrasse feignant de lire pour dissimuler mon inquiétude.  Dans l’empressement, je n’ai même pas remarqué que je tenais mon livre à l’ envers.  Chance pour moi, aucun des allemands présents n’avaient de connaissance de la langue française, ils m’ont pris pour un simple jeune littéraire. 

    Malheureusement plusieurs de mes amis de l’époque n’ont pas eu cette chance.  Celui qui semblait être le chef a choisi un jeune qui parlait à la fois allemand et français afin de traduire ses dires.  Effectivement, ils venaient pour nous les juifs, afin de nous emmener vers un camp où nous serions mis au travail. D’après ses dires, c’était une chance pour nous. Nous n’étions pas dupes.  J’avais entendu parler de ces fameux camps de travail, mes deux frères y avaient été envoyés et n’en sont d’ailleurs jamais revenus.  Le soldat en chef a chargé son petit traducteur de choisir 7 de nos camarades.  Certains s’étaient cachés au deuxième étage dans leur chambre, sous leur lit, mais rien n’y a fait.  Après avoir fouillé tout le château de fond en comble, les soldats ont aligné les enfants dans le hall de ce même château afin que notre ami traducteur puisse faire son choix.  Nous voulions tous protester mais la peur au ventre nous savions qu’il n’en était rien, nous devions accepter notre sort et le leur. Encore aujourd’hui, ici dans ces lieux, je ressens cette peur.  Je me demande ce que sont devenus mes nouveaux amis de l’époque.  Ont-ils survécu ? Ont-ils pu s’échapper ? Ont- ils été libérés ?

    Après leur départ, nous avons senti un vide en ces lieux mais nous devions continuer notre vie.  Nous avons repris nos activités et le calme est revenu jusqu’à quelques semaines plus tard, quand cette fois, ce sont des soldats américains qui sont venus nous délivrer de notre cachette.

    Je suis resté à peu près un an, à loger ici dans ce château.  Une année parmi tant d’autres dans ma vie bien remplie.  Aujourd’hui je vis à des milliers de kilomètres d’ici, à Rio de Janeiro au Brésil, je me suis marié, j’ai moi-même eu des enfants, … Mais je garde beaucoup de souvenirs de cet endroit, ma chambre, l’odeur du pain, les colis alimentaires de la croix rouge, les bois où nous allions jouer, … Je n’oublierai jamais ce que l’abbé Dauvin et tant d’autres ont fait pour nous.  Je garde ce village dans mon cœur.  Je serai éternellement reconnaissant de m’avoir permis d’avoir une vie après la guerre...

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    DSC_0297.jpgJacques de Cartier d’Yves a ensuite donné les chiffres du triste bilan de la rafle.

    Il y a eu au total 54 enfants juifs et 4 femmes juives hébergés par la J.O.C à Schaltin. Les 4 femmes - Rose et Malka Grimpan, Sarah et Estera Lampert - étaient affectées à la cuisine, mêlées au personnel local.

    Lors de la rafle du 2 août 1944, les personnes suivantes sont arrêtées :

    -Lucien Defauw, alias Léon Lenglet, chef du home de Schaltin. Il est âgé de 22 ans. Il est incarcéré à Namur et ensuite interné  au camp de concentration de Buchenwald, puis  dans celui de Blankenburg. Il est rapatrié en juillet 1945 via la Suède.

    -Henri André, réfractaire au Service du Travail Obligatoire - le S.T.O. Il est âgé de 22 ans. Il est incarcéré à Namur et ensuite interné au camp de concentration de Buchenwald, puis dans celui de Bergen-Belsen où il décède à la fin du mois d'avril 1945.

    -Joseph Pesser, alias Joseph Legrand. Réfractaire au Service du Travail Obligatoire. Il est âgé de 22 ans. Il est incarcéré à Namur et ensuite interné au camp de concentration de Buchenwald, puis dans celui de Blankenburg. Il est rapatrié en juillet 1945 via la Suède.

    -Jacob Gotlib, alias Lucien Barbier. Il est âgé de 17 ans.

    -Samuel Freuman, alias Louis Leclercq, mort dans un camp d'extermination. Nous ne connaissons pas son âge.

    -Léon Leiberg, alias Fernand Beeck. Il est âgé de 16 ans.

    -Max Lampel, alias Marcel Laurent. Il est âgé de 18 ans.

    Nous ignorons qui, des trois autres enfants juifs pris dans la rafle, est mort dans un camp d'extermination...

    Valérie Caverenne, bourgmestre de Hamois en a profité pour remercier tout le monde de la parfaite organisation du week-end.

    Deuxièmes et troisièmes témoignages lus par des élèves de l’institut d’Odile Henrion et de Madeleine Taviet de la région évoquant la vie durant la guerre et la résistance.

    Voici d'abord le témoignage d'Odile:

    Je m’appelle Odile Henrion.  J’habite depuis toujours à proximité d’Andenne, une petite ville située non loin d’ici.  Durant les 5 années de guerre, en tant que simple civil, notre seule perspective d’avenir était de tenter de vivre notre vie « simplement » et « normalement »… à quelques détails près évidement ! 

    Je me souviens du bruit des avions dans le ciel et de la peur que les bombardements lointains engendraient dans nos esprits.  Parfois, totalement en panique, nous passions plusieurs heures réfugiés, serrés les uns contre les autres, dans notre petite cave, attendant désespérément que ces bruits cessent pour oser en sortir.  Très vite, dès le début de la guerre, je n’avais encore que 18 ans, nous avons dû héberger un soldat allemand.  C’était obligatoire ! Toute personne vivant dans une maison contenant plusieurs chambres, se voyait dans l’obligation d’accueillir « un bosh ».  Ce soldat, et tous les autres, me tétanisaient, je n’osais jamais le regarder, je baissais les yeux devant lui, devant eux.  Tous les Andennais avaient encore en mémoire les attaques de la première guerre mondiale, ce n’était pas si lointain dans le passé, nous avions conscience que cela pouvait arriver de nouveau et à n’importe quel moment.

    Juste avant le début de la guerre, j’étais devenue une jeune femme, à l’époque on commençait à travailler plus jeune.  J’avais trouvé un emploi de femme de ménage.  Cela consistait principalement à faire du nettoyage, du repassage et du reprisage.  Quand les allemands ont franchi les portes de notre ville, les ouvriers et ouvrières comme moi ont vu leur labeur réquisitionné comme bien d’autres choses.  Ils nous prenaient tout, les affaires des infrastructures de la ville mais également nos affaires personnelles.  Très peu ont pu récupérer ces choses après la guerre.  C’est donc rapidement que je me suis retrouvée à travailler pour le compte des allemands.  C’était difficile, je travaillais de de 8h à 12h et de 15h à 19h.  Nous étions constamment sous surveillance.  En guise de salaire, nous recevions quelques tickets de rationnement, à peine plus que ce que l’on accordait à la majorité des citoyens.  Durant les 3 heures de la mi-journée où je ne travaillais pas, je faisais la file parfois pendant plusieurs heures, devant mon épicerie habituelle.  Les tickets de rationnement distribués par les soldats allemands me donnaient droit à de faibles quantités de nourriture.  Nous n’avions pas le choix.  Un jour c’était du pain, le lendemain, du lait, … il était rare que je remplisse mon panier de courses.  Heureusement, j’ai souvent réussi à aller à la maraude dans les vergers voisins, la saveur sucrée des fruits nous apportaient un peu de réconfort lorsque le soir nous nous retrouvions entre voisins pour faire une part de cartes.  Je n’ose imaginer ce qui me serait arrivée si un soldat m’avait prise sur le fait, ou s’il avait découvert que je participais au marché noir organisé « en stoum » un peu partout.

    Toute notre vie était régie par le régime allemand.  Il nous dictait notre façon de vivre, de manger, de nous habiller, de travailler et même l’heure à laquelle nous devions nous coucher.  A 23 heures, tous les éclairages des maisons devaient être éteints et nous devions dormir.  Après mon travail, je m’occupais de ma maison, je devais lessiver nos vêtements pour le lendemain, même ceux-ci avaient été réquisitionnés.  Nous trouvions quand même le temps de nous divertir un peu avec quelques voisins. Nous discutions, jouions aux cartes ou écoutions la radio que nous avions dû évidement cacher.  C’est comme ça que j’ai pu rencontrer mon futur mari que j’ai épousé durant le temps de guerre en 1942, nous avons même mis au monde un merveilleux petit garçon en 1944.  Comme je le disais juste avant, nous avons tenté d’avoir une vie normale.

    Le jour où nous avons entendu l’annonce de l’arrivée des Américains, nous n’osions y croire.  La guerre était terminée ! Enfin !

    Je me souviens avoir repris gout à la vie, pris plaisir à sortir respirer l’air frais, en étant paisible.  J’ai continué ma vie, je suis restée femme d’ouvrage, j’ai d’ailleurs apprécié davantage mon travail en le faisant pour des employeurs du coin. »

    Et ensuite celui de Madeleine:

    Je m’appelle Madeleine Tasset. J’ai aujourd’hui 92 ans, je vis en Italie.  J’ai des enfants, petits-enfants et même arrière-petits-enfants, ma vie semble se terminer tel un conte de fée.  Toutefois, c’est un cadeau bien mérité je pense, après toutes ces années de guerre et des loyaux services que j’ai rendus à la population contre les soldats allemands.

    Au début des années 40, j’avais à peine 13 ans. Je dois bien l’avouer la politique et les conflits internationaux étaient loin d’être au centre de mes préoccupations, j’étais jeune et insouciante.  Je me rendais compte que notre vie était impactée, différente, mais je n’avais pas conscience de la gravité des événements.  Je me rappelle que nous avons dû accueillir un soldat allemand dans notre maison, il dormait dans la chambre d’amis.  Je savais qu’il s’agissait d’un méchant homme.  Mais je ne comprenais pas vraiment pourquoi, cela ne m’intéressait pas vraiment.

    A l’époque, j’allais encore à l’école.  Mais déjà, cela m’insupportait, je n’étais pas vraiment une élève assidue, j’étais plus habituée à porter le bonnet d’âne ! Un jour, j’ai constaté qu’un de mes camarades s’absentait de plus en plus souvent, j’étais envieuse.  Peu importe quelle en était la raison, si je pouvais moi aussi faire l’école buissonnière, j’étais preneuse. C’est comme ça que j’ai découvert qu’il existait une armée secrète qui faisait de la résistance.  Tout d’un coup, les conflits et la politique sont devenus plus importants à mes yeux. J’étais à l’aube de mes 15 ans, je n’étais pas majeure. Chance pour moi, le père de mon ami travaillait pour l’administration communale.  Il a accepté de falsifier ma carte d’identité pour que j’ai 18 ans et donc l’autorisation de m’engager dans l’armée secrète.  Au tout début, il s’agissait plus d’un jeu pour moi.  Je me souviens avoir imité la signature de mon père un nombre incalculable de fois afin de me faire moi-même des mots d’excuses pour l’école et ainsi aller vite retrouver mes collègues de l’armée secrète, casernés à l’hospice de Coutisse, petit village au-dessus d’Andenne.  Même si au départ je me suis engagée pour des raisons plutôt futiles, j’ai très vite compris l’importance des missions qui nous étaient confiées.

    Au fil des années, les choses simples de la vie étaient devenues de plus en plus pénibles.  Même notre nourriture était réquisitionnée.  Quand le camion de ravitaillement arrivait dans notre petit magasin de village, les allemands étaient déjà passés se servir.  Grâce aux timbres de rationnement que nous donnaient les soldats, tels des aumônes, nous nous partagions les restes, parfois de la farine, ou du sucre, … Les soldats parcouraient les rues à la recherche d’objets qui pouvaient leur servir.  Tout leur était dû, ce qu’ils voulaient, ils le prenaient.  Leurs agissements me dégoutaient.  Au point que je changeais de trottoir quand je les croisais dans la rue.  J’ai pris mon rôle dans la résistance beaucoup plus à cœur au fil du temps.  Tout ce qui pouvait emmerdé les « Boches » étaient bon à faire ! On m’avait confié une arme, un « Sten 9mm ».  Cela m’aidait à me sentir plus forte.  Nous étions nombreux dans l’armée secrète.  Evidement nous utilisions des surnoms, nous ne pouvions connaitre trop d’informations sur nos camarades, au cas où nous serions pris aux mains des allemands qui tenteraient de démanteler notre organisation.  Ensemble, nous avons accompli des missions en tout genre durant toute ces années de tension afin de ralentir un maximum les actions allemandes. 

    Un jour, nous avons entendu parler de chars américains traversant la petite ville d’Andenne.  On nous avait appris lors d’une de nos missions, que nous ne pouvions nous fier qu’à nous-mêmes.  Les allemands étaient assez vicieux que pour tenter de nous faire sortir de notre cachette, de nous piéger.  Avec une collègue, nous sommes donc descendues en vélo pour vérifier ces dires.  Quel soulagement ce fut de constater que oui, la guerre prenait fin, les américains venaient nous libérer.  Durant les 8 mois qui ont suivi, j’ai continué à travailler avec eux comme secrétaire avant de pouvoir reprendre le court de ma vie.

    Je ne regrette aucun de mes actes.  J’ai compris bien tard la gravité de ces conflits mais j’ai agi pour mes compatriotes, et pour la paix.  La vie m’en a bien remercié.  Je suis aujourd’hui sereine, heureuse et j’aime raconter à mes arrière-petits-enfants quelle aventurière a été leur grand-mère.

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    La chanson « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat a ensuite été interprétée par des élèves de l’’école communale voisine de Schaltin.

    Citations de Simon Gronowski:

    Simon Gronowski est un jeune garçon de onze ans et demi qui faisait partie du 20ème convoi qui quitte Malines le soir du 19 avril 1943 à destination d'Auschwitz-Birkenau. La résistance belge ayant attaqué et réussi à faire stopper le train entre Boortmeerbeek (près de Malines) et Haacht. Cinquante kilomètres plus loin, alors que le train roule, il saute de son wagon, poussé par sa mère, et échappe ainsi à une mort certaine...

    - La seule faute de mes parents était d'être nés Juifs - Mourir pour être né.

    - Tu vois, Simon, il y a du soleil aujourd'hui, mais ce n'est pas pour nous.

    - J'ai vu pourtant des choses qu'un enfant ne devrait pas voir.

    - Quand on veut tuer un peuple, il faut d'abord tuer les enfants.

    - Je quittai cette caserne de malheur pour me retrouver entre deux haies de soldats casqués et en armes.... Un peu à gauche, il y avait un wagon béant, tout noir, qui me semblait immense.

    - J'ai voulu vivre pour le présent et l'avenir, pour l'optimisme, la joie et l'amitié.

    Je jetai un coup d'oeil vers mon père. Comme il avait changé ! ...

    La nuit avait complètement passé... Tant d'évènements étaient arrivés en quelques heures et j'avais complètement perdu la notion du temps. Quand avions-nous quitté nos maisons ? Et le ghetto ? Et le train ? Une semaine seulement ? Une nuit - une seule nuit ?

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    Après un hommage à Lucien Defauw, le principal responsable du centre de Schaltin, âgé de 22 ans en août 1944, un panneau historique et la plaque du 75e anniversaire de la rafle ont été dévoilés en présence de ses enfants et petits-enfants.

    Sur place, Lucien était soutenu par le Père Cappart, ses faux papiers mentionnant le nom de Léon Lenglez. Après la rafle du 2 août 44, il est emmené avec 2 autres responsables de la JOC. Le Père Cappart a écrit, que malgré les interrogatoires serrés, les 3 jocistes n’ont pas dit qu’il restait beaucoup d’autres enfants juifs dans la maison ! Ils ont d’abord été rassemblés à la prison de Namur puis transférés en train à Buchenwald, on lui attribue le matricule 75.500. Après quelques semaines, 500 prisonniers politiques dont Lucien sont envoyés à Dora-Blankenburg. Ils logent sous tente et doivent construire des blocs, charrier des brouettes à longueur de journée, sous la surveillance de soldats qui fument, qui rient et frappent pour tout et pour rien. Il dit : nous ne sommes plus des hommes ! Un jour, c’est le départ en colonnes encadrées par des soldats qui exécutent ceux qui ne savent pas suivre pendant cette marche forcée de 80 km jusque Magdebourg, puis, en péniches, descente de l’Elbe jusqu’à Lubeck. Ils arrivent en Suède en mai 45 et à Namur en juillet 45. Ses 2 compagnons ont subi un sort différent : Joseph Pesser est aussi rapatrié mais Henri André est décédé dans le camp de Bergen-Belsen. Après cette année de terribles épreuves, Lucien se marie et le couple s’installe à Ciney. Il est engagé par l’EPC dont il deviendra le secrétaire général. Malgré ce qu’il a subi pendant la guerre, Lucien est resté un homme ouvert, dévoué, convivial et fraternel.

    DSC_0328.jpgBernard Devos, délégué général aux droits des enfants a ensuite fait le parallèle entre son travail et ce qui est fait, depuis le début, à l’Institut de Schaltin, notamment la capacité de résistance face au nazisme : « je suis inquiet de la résurgence des idées racistes et xénophobes ! »

    Pascal Henry, représentant des pouvoirs organisateurs a remercié tous les intervenants et présenté l’institut de Schaltin qui regroupe actuellement 4 associations :

    • La décentralisation d’enseignement primaire spécialisé du Centre Scolaire Claire d’Assisse est présente sur le site depuis le 1er septembre 2004 et accueille 29 élèves (dont 13 du SRJ) de type 3 (troubles du comportement et/ou de la personnalité)
    • L’école Professionnelle Secondaire Inférieure Spécialisé de et à Schaltin accueille 86 élèves (dont 39 du SRJ) de type 1 (retard mental léger) et 3 dont les finalités qualificatives de gros œuvre, mécanique automobile et cuisine de collectivité
    • L’ASBL Foyers pour Jeunes et Adultes est composée de 2 départements, jeunes et adultes agréés et subventionnés par l’AVIQ. Le département jeunes comprend le Service Résidentiel de Schaltin qui accueille 73 jeunes en grandes difficultés et en souffrance. Le département adultes prend en charge 71 personnes en situation de handicap : 37 en Service de Logements Supervisés et 34 en service d’accueil de jour, à Ciney, Frisée et Hamois.
    • L’ASBL Partenaires des Jeunes de Schaltin a pour objectif de soutenir les 3 ASBL et ainsi de développer leurs sites d’activités et leurs infrastructures dans l’esprit avec lequel elles ont été créées afin de leur permettre d’être au service des jeunes et des adultes en difficulté ou en situation de handicap.

    DSC_0329.jpgC’est donc 259 situations que les associations de l’Institut de Schaltin accompagnent. Nos équipes comptent 152 travailleurs/euses pour 122 ETP, ce qui fait que nous sommes, sur la commune d’Hamois, le 1er employeur privé ! Nous assurons bien sûr un rôle social de proximité et nos emplois ne sont pas délocalisables. Nous revendiquons donc légitimement un rôle d’acteur économique important dans la région !

    L’Institut de Schaltin fête ses 75 ans : des racines et des ailes !

    Nos racines d’abord : le professeur docteur Luc Michel a situé le contexte, c’est en 1943, alors que la Belgique est vidée par l’occupant envahisseur de tout ce qui fait sa richesse, la population manque de tout, la misère est grande, la nourriture se fait rare, de très nombreux enfants et ados anémiés par les restrictions du ravitaillement sont en situation de sous-alimentation. Ceux qui vivent dans leur proximité se rendent compte de la gravité de la situation, ils s’organisent et des initiatives voient le jour. Le Père Cappart et ses amis de la JOC sont de ceux-là. Ils décident de créer 2 foyers : celui de Schaltin sous la responsabilité de Lucien Defaux ouvre ses portes le 1er avril 43 et accueille des enfants souffrant d’un déficit alimentaire chronique. Très vite, une autre catégorie d’enfants en danger rejoint Schaltin, les enfants juifs qu’il faut soustraire à l’occupant ! La JOC offre aussi, par la distribution de fausses cartes d’identité, cartes de travail, cartes de légitimation, feuilles de timbres de ravitaillement, distribution de repas, une aide clandestine aux réfractaires au Service de Travail Obligatoire. Elle organise également l’hébergement des réfractaires des les cures. C’est ainsi que se côtoient à Schaltin, des enfants anémiés, des enfants juifs et des adultes réfractaires au STO !

    Les suites de la guerre s’estompent lentement mais, si les santés s’affermissent, d’autres misères réclament une attention particulière : beaucoup de garçons délaissés ou mal aimés par leurs parents doivent retrouver un foyer où ils peuvent, dans un cadre sécurisant, épanouissant, poursuivre leurs études et apprendre un métier. En 1948, l’offre d’enseignement s’élargit au niveau primaire avant d’acquérir, grâce à un généreux mécène, la propriété en 1954. Ils sont accueillis dans 5 sections dirigées par un chef éducateur qui partage leur vie en dehors des heures de classe et d’atelier et qui met tout en œuvre pour donner à la section une ambiance familiale. En fonction des décisions, possibilités et opportunités, diverses adaptations rythment la vie des associations. En 1955, l’école se transforme en école professionnelle et organise des formations pour les métiers du cuit, de la mécanique et de la menuiserie. Elle devient, fin des années 50, le seul enseignement dispensé. Suite à la loi du 6 juin 1970, elle devient un établissement d’enseignement inférieur spécialisé.

    En 77, le home devient un I.M.P. et en 97, le Service Résidentiel pour Jeunes de Schaltin. Il accueille 79 garçons de 6 à 18 ans atteints de troubles caractériels présentant un état névrotique ou prépsychotique et nécessitant une éducation appropriée. En 2002, l’association élargit son offre à des jeunes bénéficiaires français et crée le Service de Logements Supervisés «Mon projet » situé à Ciney ainsi que le Service d’Accueil de Jour pour adultes Solignac situé dan les anciens bâtiments de l’ASBL La Bergerie à Frisée qui accueille des adultes porteurs de handicaps. En souffrance d’offre d’enseignement primaire spécialisé depuis la fin des années 50, l’Institut de Schaltin accueille le 1erseptembre 2004, une décentralisation du Centre Scolaire Claire d’Assisse de Bouge.

    Après les racines, l’Institut déploie ses ailes !

    Toujours avec la même volonté de « il faut faire quelques chose », nous avons été à l’écoute des besoins des enfants, des ados, des jeunes adultes et des adultes de la région. Pour accompagner l’évolution des besoins sociétaux, les pouvoirs organisateurs ont adopté, en 2006 et mis en place un plan stratégique ambitieux qui nécessite une collaboration de tous les instants entre les différents services résidentiels et les établissements scolaires. Il a pour objectif l’adaptation, le développement, l’amélioration de la qualité et la diversification de nos offres qui se décline en 4 grands projets :

    • L’accompagnement d’une dizaine de jeunes et jeunes adultes de 16 à 25 ans qui ont déjà été accueillis en Service Résidentiel et qui souhaitent rejoindre un milieu de vie avec davantage d’autonomie
    • En Service d’Accueil de Jour, la prise en charge supplémentaire de 8 personnes adultes porteuses de handicap intellectuel, physique et de grande dépendance
    • Pour réponde aux besoins de personnes en situation de handicap désirant être accompagnées dans un milieu de vie plus autonome et plus incisif, nous avons augmenté la capacité d’accueil de notre Service de Logements Supervisés de 15 à 37 bénéficiaires.
    • Nous sommes en plein travaux pour agrandir et transformer notre propriété Pleins Champs située à Porcheresse qui, dès le 1er septembre 2020, accueillera 20 jeunes dont 12 en résidentiel atteints du spectre de l’autisme en capacité d’apprentissage.

    C’est avec grand intérêt que nos associations ont pris connaissance des objectifs des déclarations politiques du nouveau Gouvernement Wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui confirment leur volonté d’encourager les alternatives d’accueil et d’hébergement car, nous nous efforçons de continuer sur la voie de notre histoire en répondant de manière adaptée aux besoins des plus faibles et des opprimés : les ados anémiés, les juifs, les résistants de la JOC, les élèves de l’enseignement spécialisé, les jeunes en grande souffrance et les adultes porteurs de déficience. Je vous remercie de partager nos racines et nos ailes !

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    Avant l’inauguration des panneaux « les châteaux de Schaltin et l’Institut », « les 3 drames de la Belgique occupée » et la plaque du 75e anniversaire, quelques minutes de rock avec la musique de Glenn Miller (in the mood) et des élèves et profs de l’EPSIS ont permis de se replonger 75 ans en arrière.

    Une soixantaine de personnes ont eu le plaisir de partager, en soirée, dans le restaurant du château de Valensart un délicieux repas concocté par l'équipe de la cuisine de l'école et servi par les membres du personnel de l'école.

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    Le dimanche, le moment le plus important pour les habitants de Schaltin, Frisée et Champion (et de beaucoup de curieux) a été de pouvoir admirer le défilé de près d'une vingtaine de véhicules historiques au départ des camps de base de l'école et de pouvoir les regarder de près !

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    Pour voir 170 photos que j’ai prises durant le week-end, 120 pendant la partie officielle le vendredi, 16 pendant le repas au château de Valensart vendredi soir et 34 durant le défilé de la libération du samedi, cliquez sur https://ciney.blogs.sudinfo.be/album/75-ans-institut-schaltin/

  • Un chèque de 25.223 euros remis par Ciney contre le cancer à la Fondation

    DSC_0177.jpgPour la troisième année consécutive, la traditionnelle remise du chèque de Ciney contre le cancer à la Fondation contre le cancer a eu lieu durant une soirée ReCover dans les locaux de l’Institut Saint Joseph de Ciney. Moïse Dumont, porte-parole du comité des 24h, n’a pas oublié de remercier le P.O. de l’Institut, Manon, Maximilien et Vivian pour la qualité de l’affiche 2019, les parrains, les sponsors, les membres du comité et la ville de Ciney.

    DSC_0175.jpgMoïse Dumont a évoqué tous les problèmes vécus le 27 juillet dernier lors de la 36e édition des 24h de Ciney contre le cancer : « la veille, le thermomètre frôle les 40° et après le beau temps, ce fut la pluie, pour nous ! Nous avions prévu un Kids Run pour les 8/12 ans, certains étaient présents, mais peu nombreux. Sous la pluie, nous avons dévoilé 7 chèques très mouillés :

    • 5.671 euros de l’organisation ReCover de l’an dernier
    • 300 euros des Gentes Dames
    • 750 euros du décès de Claude Lelièvre de Chevetogne
    • 770 euros de la marche ADEPS de Laloux Rochefort
    • 805 euros du décès de Henri Daubois de Gendron
    • 365 euros du décès d’Alberte Pesesse de Corbion
    • 800 euros de comité des fêtes de Biron

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    Sous la pluie, les cyclistes, les marcheurs et les joggeurs prennent le départ pour maximum 5 heures d’effort. Félicitations toutes particulières à la famille Pirlot Pêtre de Chevetogne qui dépose 2.500 euros de parrainage, à l’échevine Laurence Daffe qui frôle les 1.000 euros  et à la police de Dinant emmenée par Fabian Perot qui sont venus en nombre. Et il pleut, il pleut ! Et, ouf, le public arrive pour déguster nos traditionnelles boulettes/frites et les billets de tombola se vendent très bien. Les sportifs terminent et, sous la pluie, Cantatruppa, Sound Trax et le groupe cinacien Winter Woodts font oublier la pluie. »

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    Un peu avant de terminer leurs comptes, un 8e chèque de 1.350  euros est parvenu à l’association cinacienne, bilan du Grand Prix Alex Godard organisé le 21 septembre sur le ballodrome de Mont-Gauthier pelote.

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    Après la partie discours, le chèque de la 36e édition de Ciney contre le cancer a été dévoilé et remis au responsable de la Fondation : il s’élève à 25.223 euros(28.520 euros l’an dernier) et le montant cumulé des 36 ans est de 725.465 euros.

    DSC_0190.jpgAprès la remise du chèque, Ludovic Garcet a rappelé que la Fondation contre le cancer ne dépend d’aucun pouvoir politique et qu’elle vit uniquement grâce à la générosité de donateurs. Il a rappelé les 4 missions de la Fondation :

    • Information
    • Mobilisation, notamment du lobbying auprès des Politiciens
    • Actions comme le Camp Tournesol qui permet à des enfants de sortir pour quelques jours de l’hôpital et les opérations Tournée minérale et Générations sans tabac
    • 60% des fonds récoltés soutiennent la recherche

    Le prochain rendez-vous de Ciney contre le cancer se déroulera le samedi 25 juillet 2020.

    Pour voir 30 photos que j’ai prises lors de la remise du chèque samedi soir, il suffit de cliquer sur https://ciney.blogs.sudinfo.be/album/cheque-ciney-cancer-2019/

  • Commémoration du 75e anniversaire de l'Institut de Schaltin et de la rafle d'enfants juifs et de réfractaires au travail les 18 et 19 octobre

    Voici le programme de la journée officielle du vendredi 17  à l'Institut de Schaltin:

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    - 14h: séance académique

    - 17h30: conférence "d'un château à l'autre", de Schaltin à Buckingham Palace

    - 19h: apéro Schaltinois

    - 19h30: repas du 75e anniversaire

     

    Voici le programme des vendredi 18 et samedi 19 octobre dès 10h:
    - expositions
    - diffusion de reportages
    - reconstitution d'une scène de vie
    - Camp Militaria et balades à bord de véhicules historiques
    - Jeux pour enfants
    - Bar et petite restauration
     
    Les châteaux de Schaltin

    Le château féodal

    On ignore quand fut construit le premier château - château fort - de Schaltin. En 1604-1605, à la demande du prince Charles de Croy, le peintre Adrien de Montigny peint le château et le village de Schaltin, construit dans la vallée du ruisseau de Champion qui alimentait ses douves.

    Il se compose du château avec donjon et tours, accessible par un pont-levis - la haute cour - et d'une ferme - basse-cour.

    Le château est rénové en 1724 par Jacques (de) Blochouse, Receveur de S.A. & des Etats du Païs de Liège, pour en faire un lieu de vie plus agréable et confortable, au goût du jour.

    Il est décrit en détails en 1743 par Pierre-Lambert de Saumery - dit Saumery - dans Les délices du Pais de Liège, dans les termes suivants : Entre les différens ruisseaux qui forme la rivière du Bouc, on voit s'élever des coteaux fertiles dont le travail infatigable des habitants augmente encore la richesse. C'est au pié de l'un d'eux qu'est situé le château de Schaltin, siège de la juridiction du village du même nom & de celui de Frisée qui en est voisin. Sa première entrée, située au nord, est celle d'une basse cour, fournie de tout ce qui sert à l'économie de la campagne. On y voit une seconde porte défendue de deux tours par où on entre dans une seconde cour plus grande que la première, & bordée de vastes bâtiments voutés avec une grande solidité. Le donjon, situé à l'orient, est un bâtiment oblong flanqué de deux tours & entouré d'un fossé d'eau vive, revêtu de pierres de taille avec un garde-fou de même. C'est un bâtiment dont le plan consiste en trois chambres quarrées & deux autres rondes, ménagées dans la capacité des tours : ajoutés à cela un  vestibule dont les murs sont enduits de stuc en panneaux, & où l'on trouve un bel escalier en rampe par où on monte aux étages supérieurs. La chapelle, placée au-dessus du vestibule, communique à un balcon, placé au-dessus de la porte, & d'où l'oeil découvre un paisage très-agréablement varié. Le jardin situé à l'orient, est un parterre divisé en six quarrés, bordés de plate-bandes de fleurs, & orné d'un joli cabinet de maçonnerie. Il est environné d'un petit ruisseau qui le sépare d'un jardin potager & va ensuite se jetter dans le Bouc...

    Les deuxième et troisième châteaux

    C'est à côté du château féodal qu'est construit, vers 1825-1830, par Léopold-Joseph de Valensart, un petit château de style néoclassique (ou Empire), très similaire au château de Buresse, de style Empire également.
    Ce château disparaît dans un incendie vers 1900. Sur son emplacement, le comte Louis de Meeûs et son épouse Anna Martini reconstruisent un château de style éclectique, en utilisant les matériaux du pays : la pierre d'avoine pour le gros oeuvre et la pierre bleue pour les soubassements et encadrements de portes et fenêtres.

    En 1935, à la mort du baron Alfred de Jacquier de Rosée, le château devient un hôtel- restaurant. C'est un endroit cossu et de bonne renommée.

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    De la cure à l'institut...
    C'est le 1er avril 1943 que s'ouvre au château de Schaltin, à l’initiative du père jésuite Pierre Capart et de ses amis de la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne », la Cure pour adolescents débiles qui accueille des enfants souffrant d'un déficit alimentaire chronique, des réfractaires au Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) imposé par l'occupant allemand, des enfants et des adultes juifs pourchassés par l’occupant.

    Tous sont accueillis et bénéficient de la volonté pragmatique des fondateurs qui disaient «Il faut faire quelque chose ! ».

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    A la fin du second conflit mondial, un nouveau type de solidarité voit le jour, la prise en charge de jeunes en difficulté sociale.

    L’insertion dans le milieu scolaire ordinaire des jeunes étant compliquée, les responsables décident en 1948 de créer, sous l’appellation « Ecole adoptable du Home de Schaltin », un enseignement primaire.

    En 1953, la « Cure pour Adolescents débiles » devient les « Cures et Foyers pour Adolescents ». Ils sont composés d’un home qui propose une éducation dans un climat familial, ainsi que d’une école primaire et professionnelle. Ils prennent en charge 80 jeunes ayant des difficultés scolaires et comportementales, issus de familles dont les parents étaient déchus de leurs droits, sous décision des juges de la jeunesse, orphelins et « inclassables ».

    En 1954, grâce à la générosité d'un mécène, ils deviennent propriétaires du domaine de Schaltin.

    En 1955, l’école se transforme en école professionnelle de type B5 – B6 et organise des formations pour les métiers du cuir, de la mécanique et de la menuiserie, conjointement à l'enseignement primaire

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    Fin des années 50, l’école n’organise plus l’enseignement primaire.
    Suite à l’assemblée générale de l’association du 6 mars 1962, les « Cures et Foyers pour

    Adolescents » deviennent les « Foyers pour adolescents ».
    En application de la loi du 06.06.1970, l'école professionnelle devient un établissement

    d'enseignement secondaire inférieur spécialisé.

    En 1977, le home devient un Institut Médico-Pédagogique (I.M.P.), agréé pour des jeunes présentant des troubles du comportement.

    En 1985, l’école d’enseignement secondaire spécialisé devient l’asbl «Ecole Professionnelle Secondaire Inférieure Spécialisée de Schaltin».

    Suite à la création de l’« Agence Wallonne pour l’Intégration des Personnes Handicapées » l’IMP devient en 1997 le « Service Résidentiel pour jeunes de Schaltin », il accueille 79 garçons de 6 à 18 ans atteints de troubles caractériels présentant un état névrotique ou prépsychotique et nécessitant une éducation appropriée.

    En 2002, l’asbl « Foyers pour Adolescents » élargit son offre à des jeunes bénéficiaires français et aux adultes porteurs de handicaps.

    Elle crée le Service de Logements Supervisés « Mon projet » situé à Ciney et le Service d’Accueil de Jour pour Adultes « Solignac » situé dans les anciens bâtiments de l’asbl « La bergerie » à Frisée -Schaltin et devient, en 2005, l’asbl « Foyers pour Jeunes et Adultes ».

    Le 1er septembre 2004, le site de Schaltin accueille une décentralisation du Centre Scolaire « Claire d’Assise » de Bouge qui propose un enseignement primaire spécialisé.

    A ce jour, l’« Institut de Schaltin » est composé :

    • -  De l’école primaire d’enseignement spécialisé « Centre Scolaire Claire d’Assise » sur le site de Schaltin.

    • -  De l’ « Ecole Professionnelle Secondaire Inférieure Spécialisé » sur le site de Schaltin qui propose les finalités travaux du bâtiment, cuisine de collectivité et mécanique automobile.

    • -  Du Service d’Accueil de Jour pour Adultes « Solignac » situé à Frisée-Schaltin.

    • -  Du Service de Logements Supervisés « Mon projet » situé à Ciney.

    • -  Du Service Résidentiel pour Jeunes sur le site de Schaltin.

    Schaltin en Belgique occupée – Professeur Docteur Luc MICHEL
    Schaltin est un nom qui résonne du début à la fin du conflit mondial 1940–1945. On le

    retrouve dans trois grands drames de la Belgique occupée.

    Premier drame : le 10 mai 1940, le Ministère de la Défense Nationale donne, par voie d'affiche et radio, l’ordre aux hommes de 16 à 35 ans, qui ne sont pas mobilisés mais inscrits dans la "Réserve de recrutement", de se soustraire à l’envahisseur en rejoignant par leurs propres moyens les Centres de Recrutement de l'Armée Belge (CRAB) : 100 000 jeunes obéissent. Les CRAB, installés d’abord dans le Hainaut et les Flandres, sont transférés rapidement dans les régions militaires de la Gironde, de Toulouse, Nîmes et Béziers suite à l’avance foudroyante de l’armée allemande. La capitulation de l'Armée belge le 28 mai ne signifie pas la fermeture des CRAB. Certains officiers d’encadrement sont même mis aux arrêts par les autorités françaises.

    L’encadrement militaire de ces jeunes est souvent insuffisant et les soucis d’intendance sont majeurs pour ceux qui n’ont pas la chance d’être logés chez l’habitant. Vers la fin d’août 1940, la majorité des 100 000 jeunes sont progressivement rapatriés. Cependant, 321 jeunes Belges perdent la vie dans l'aventure, dont au moins quatre fusillés arbitrairement par l‘armée française sous le motif d'espionnage.

    Un camp de regroupement de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) fonctionne au château de Gaujac à Pinsaguel-lez-Toulouse, transformé en sanatorium par le R.P. Capart jusqu’en septembre 1940 pour les plus jeunes éléments des CRAB. Nombre de ceux-ci présentent un sévère état de délabrement physique, psychique et moral. Après leur rapatriement, certains sont accueillis dans les « Centres de cures pour adolescents débilesde l’entraide jociste » installés à Tourneppe, Braine-l’Alleud, Schaltin et Leffe. Ces centres hébergent déjà, sous de fausses identités, des jeunes issus des cantons d’Eupen – Malmédy - Saint-Vith qui s’opposent à leur enrôlement de force dans la Wehrmacht.

    Second drame : le 20 janvier 1942, lors de la conférence tenue dans la villa Marlier à Wannsee, la dernière main est mise à la « Endlösung der Judenfrage » (la solution finale du problème juif). La machine bureaucratique nazie intensifie la Shoah sur une échelle industrielle. La Shoah est caractérisée en Belgique par l’ordonnance du 27 mai 1942 sur le port de l’étoile jaune, les rafles des 15 et 28 août à Anvers, du 3 septembre à Bruxelles et du 11 septembre à nouveau Anvers. Mais, il n'y a pas que des rafles. La moitié des Juifs arrêtés le sont de façon individuelle. Ces arrestations individuelles sont le fait des Allemands, mais sont aussi la conséquence des "chasseurs de Juifs", qui guident la police allemande. Yvonne Jospa (nom de code Jaspar) et Yvonne Nevejean, directrice de l’œuvre Nationale de l’Enfance, collaborent avec le Comité de Défense des Juifs (CDJ) coordonné par Andrée Geulen, et entrent en contact avec la JOC.

    Plus précisément, Yvonne Jospa rencontre les responsables nationaux de la JOC à la Centrale Jociste au 79 Boulevard Poincaré à Bruxelles, qui est un centre actif de Résistance côtoyant dans le même bâtiment les logements d’auxiliaires féminines del’armée allemande : les souris grises. Au sein de la JOC est ainsi créé un groupe clandestin supplémentaire mettant l’appareil jociste au service du CDJ. Les maisons de cure de la JOC, dont celle de Schaltin, accueillent des enfants et adolescents juifs dès la fin 1942 et jusqu’à la fin de la guerre malgré la rafle à Schaltin du 2 août 1944.Tôt après la libération, le nom de Schaltin est souligné dans un rapport publié le 28 septembre 1945 par l’Office Israélite de Presse et de Documentation. Ce rapport identifie le rôle du R.P. Pierre Capart, aumônier de la JOC au Centre de cures de Schaltin; le même père qui s’occupait avec les jocistes des CRAB en juin 1940 au château de Gaujac. Il sert également de "boîte aux lettres" pour maintenir un lien entre les 58 enfants juifs cachés à (certains y séjourneront plus de 590 jours) et leurs parents. Il est reconnu Juste parmi les nations par l’Institut Yad Vashem en 1971.

    Troisième drame : au début 1942, Winston Churchill initie la « go slow policy » consistant à ralentir par tous les moyens possibles l’effort de guerre allemand. Rien qu’en biens industriels confisqués depuis le 28 mai 1940 par l’occupant, le montant total s’élève, le 31 août 1940, à une valeur représentant cinq fois le total des exportations d’avant-guerre de la Belgique vers l’Allemagne. Par ailleurs la Belgique compte un grand nombre d’ouvriersspécialisés. Le 6 mars 1942 une ordonnance allemande institue le service du travail obligatoire en Belgique. L’ordonnance du 6 octobre 1942 va encore plus loin : elle instaure le service du travail obligatoire en Allemagne (STO). D’avril 1941 à avril 1943, 200 000 belges travaillent en Allemagne (volontaires et STO). A partir du 7 mars 1943, les étudiants de première année des Universités doivent s’inscrire aux Offices du Travail pour une période de 6 mois, et le 2 avril 1943, il en est de même pour les séminaristes. En juillet 1943, le bilan est de 310 000 travailleurs belges en Allemagne. Vont alors s’organiser en Belgique occupée de nombreux réseaux d’aide aux travailleurs réfractaires au STO, dont celui de la JOC, cheville ouvrière de l’ATE (Aide aux Travailleurs à l’Etranger) qui est, en fait, une couverture officielle pour les activités clandestines de l’ATR (Aide aux TravailleursRéfractaires aux STO). Stimulé fermement par Churchill, le gouvernement belge Pierlot- Spaak, exilé à Londres, va tenter de coordonner toutes ces initiatives en les aidant financièrement.

    C'est dans ce but que la Sûreté de l’Etat belge à Londres et le Special Operations Executive (SOE) britannique, ainsi que le Political Warfare Executive (PWE) organisent plusieurs missions en Belgique occupée qui établissent, entre autres, des contacts entre deux agents parachutés et le président de la JOC ; contacts qui aboutissent dès septembre 1943 à la constitution du Réseau Socrate. Fait exceptionnel, Socrate lève enBelgique occupée un emprunt de plus de 270 millions de francs de l’époque pour financer effectivement et équitablement la Résistance civile et armée, l’aide aux familles des condamnés pour fait de résistance, l’aide aux juifs, et à partir de fin 1943 l’aide aux réfractaires au STO. Schaltin héberge en permanence plusieurs dizaines de réfractaires au STO sous la houlette des pères Pierre Capart et Charles Dauvin en coordination avec les responsables nationaux de la JOC.

    Un rapport d’activité du 15 novembre 1942 au 31 octobre 1943 mentionne que 131 réfractaires au STO sont hébergés à Schaltin. Toutefois, l’aide à Schaltin ne se fait via le réseau Socrate qu’au début 1944 par le biais du président de la JOC, Victor Michel, en accord avec l’aumônier général, le chanoine Joseph Cardijn. Ils sont les seuls à connaître la provenance des fonds jusqu’à la libération.

    Par la rafle du 2 août 1944, le nom de Schaltin reste un témoignage en terre wallonne de la barbarie nazie. Toutefois, Schaltin constitue aussi un lumineux symbole de l’Accueil et de la Solidarité en Belgique occupée envers les plus faibles et les plus démunis, et ce sans aucune distinction; ainsi qu’un précieux témoignage de la Résistance de simples citoyens contre la Shoah et le STO.

    La rafle des enfants juifs et des réfractaires au Service du travail obligatoire (S.T.O.) - 2 août 1944. Voici le récit de la rafle par Marcel Liebman, un des enfants juifs cachés à Schaltin :

    Le 2 août, vers 9 heures, alors que le rassemblement du matin venait de s'achever, je montai dans une chambre qui servait de salle d'études, ouvris mes livres et mes cahiers de latin. J'avais à peine écrit quelques lignes qu'un vrombissement d'autos me fit sursauter [...] Je me précipitai vers la fenêtre, jetai un coup d'oeil au dehors et reculai d'horreur. Les Allemands étaient là et, hurlant des commandements incompréhensibles, faisaient irruption dans le château. Je fis quelques pas dans le hall du deuxième étage et j'y rencontrai un camarade juif. Nous restâmes là quelques instants, prêtant l'oreille, essayant de comprendre ce qui se passait sans nous risquer à descendre.

    -Ne descendons pas, dis-je à mon compagnon. S'ils montent, nous nous enfermeront dans les cabinets ou nous nous échapperons par les toits...

    -Fais ce que tu veux, moi je vais au rez-de-chaussée, me dit-il. Il tremblait comme une feuille et me regardait, hagard.

    -Tu es fou : ils vont t'arrêter ! Qu'est ce que tu risques à rester ici ?

    -C'est inutile. Nous sommes fichus ! Autant se rendre.

    Je le suppliai de n'en rien faire, de ne pas m'abandonner. En vain... Le malheureux avait perdu la tête. Il me quitta, descendit dans le hall d'entrée et se livra aux policiers nazis. Quant à moi, je me terrai dans ma chambre. Y restai-je une heure ou deux à attendre, prêt, si j'entendais les Allemands approcher, à me jeter sous un lit. Le temps me parut interminable et la situation désespérée. A tout moment, je m'attendais à voir les gestapistes faire leur apparition et s'emparer de moi. mais les minutes passaient et les quarts d'heure, interminables. Seules les rumeurs de la maison et quelques cris prouvaient que les Allemands étaient toujours dans le château. Lorsque j'entendis un nouveau bruit de moteur, je n'osai plus regarder par la fenêtre, craignant que ces vrombissements annoncent non pas le départ des Allemands, mais l'arrivée de nouveaux policiers. Après toute cette agitation, un grands silence s'était emparé des lieux. Pourtant, je restai rivé à mon lit. Cette prudence me sauva car une pétarade se produisit peu après : c'était une seconde voiture allemande arrivée en renfort.

    Il était très tard lorsque je me risquai hors de ma cachette. Prudemment, je descendis vers le premier étage et me trouvai bientôt confirmé dans mon espoir : les gestapistes avaient disparu. C'est à ce moment que je pensai à mon frère Léon. Qu'était-il devenu ? Les Allemands l'avaient-il arrêté ? Et mes camarades ? Je me précipitai au rez-de-chaussée. Léon était là, dans le hall, qui me faisait de grands signes. Et les autres, où étaient-ils ? Ils en ont arrêté sept, me dit Léon, et il me raconta le drame.

    A peine les Allemands étaient entrés au château et avaient-ils fait irruption dans le bureau de l'aumônier que tout le monde avait été rassemblé sur le perron par un des policiers. Quelques minutes plus tard, un gestapiste se planta devant le groupe de garçons, promenant sur leurs visages un regard inquisiteur. A ces côtés, il y avait ce jeune Juif qui, mort de peur, m'avait quitté pour se livrer à la police. Il était d'origine allemande et complètement égaré : cette double raison suffit à lui faire accepter la fonction d'interprète et celle d'intermédiaire. S'adressant à ses camarades, il déclara : "Voilà, nous sommes découverts. Cela ne sert à rien de nier. Ils sont venus chercher sept Juifs et c'est moi qui doit les désigner. Si je le fais pas, ils s'en chargeront eux-mêmes. Et maintenant, je vais vous traduire toutes les paroles de l'officier". Et il traduisit : "Que les jeunes gens juifs sortent des rangs. C'est une question d'honneur et de loyauté. Pourquoi vous cachez-vous ici d'ailleurs ? Car vous êtes des lâches des hypocrites, des parasites et des fainéants. Maintenant, vous allez partir pour l'Allemagne où nous vous mettrons au travail. Ce sera pour vous une vie nouvelle. Je ne vous cache pas que ce sera assez dur, mais nous vous traiterons correctement.

    Après quoi, le malheureux interprète désigna du doigt sept garçons. Parmi eux, il y avaient six Juifs, dont Léon et un jeune homme "aryen" qui put se faire reconnaitre comme tel. Les six garçons furent séparés des autres et durent se présenter dans un salon où d'autres Allemands les attendaient. Quand Léon y pénétra, il eut la présence d'esprit de déclarer : "Je ne suis pas Juif. Je suis Espagnol et vous n'avez pas le droit de m'arrêter". A sa plus grande surprise, il entendit un officier lui répondre : "Dans ce cas, excusez-nous. Les Espagnols sont nos alliés et nous avons le plus grand respect pour le général Franco. Vous pouvez vous retirer". Léon s'exécuta, abasourdi. Un autre Juif réussit à duper les Allemands et fut immédiatement relâché. Quatre garçons, parmi lesquels Samuel Freuman, furent emmenés. Après quoi, furieux sans doute de na pas avoir pu découvrir les sept Juifs qu'ils recherchaient, les Allemands se vengèrent en arrêtant trois dirigeants de la colonie (dont deux étaient des réfractaires au Service du Travail Obligatoire - S.T.O.). Tous furent déportés en Allemagne[...]

    (Ex : LIEBMAN, Marcel, Né Juif - une famille juive pendant la guerre, Bruxelles, 2011)

  • L'Economie Populaire de Ciney a fêté ses 100 ans à Ciney Expo

    DSC_0289.jpgC’est en 1919 (avec la création de la Populaire de Ciney), au sortir de la Grande Guerre, que commença une longue histoire qui allait changer le quotidien de milliers de personnes traversant dix décennies mais gardant comme dénominateur commun l’entraide, la coopération et l’ouverture des autres. C’est l’histoire de tant d’hommes et de femmes issus à l’origine du Mouvement Ouvrier Chrétien, animés par la même volonté de se dévouer à l’œuvre qui se voudra ouverte à toutes et tous, résolument tournée vers l’avenir mais n’omettant jamais de garder sa dimension humaine. C’est au fil des années, un large éventail de commerces de proximité qui perdurent encore aujourd’hui au travers d’un groupe de pharmacies dont l’ADN premier de proximité, de conseil, de professionnalisme est véhiculé quotidiennement par les équipes qui le composent.

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    Ils étaient près de 800 dimanche à se retrouver dans les locaux de Ciney Expo pour fêter ce centenaire ! 

    DSC_0294.jpgPour la partie académique de la fête du centenaire, Christian Kunsch, administrateur, était aux commandes pour évoquer toute l’histoire de l’EPECE, son présent et son avenir, chacun des thèmes évoqués étant entrecoupés de films et de photos d’époque ou de témoignages récents de membres du personnel ou de la direction en ne perdant pas de vue que le rôle du pharmacien a bien évolué ! Un des moments les plus émouvants a été d’évoquer la mémoire d’une collaboratrice, membre du personnel d’EPC-Familia, Christine Ligot, décédée récemment.

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    DSC_0281.jpgEntre les moments festifs, chacun a eu le loisir de découvrir une exposition très didactique avec la présence de beaucoup de matériel d’officines ancien. Un livre intitulé « De l’EPE à Familia, 100 ans d’une coopérative guidée par ses valeurs », écrit par des étudiants de 3eannée en histoire (grâce à un fonds d’archives conservées au CARHOP) sous la direction d’Axel Tixhon a été édité pour le centenaire.

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    Bref résumé de 100 ans d'histoire

    DSC_0282.jpgLe 7 mai 1919, une nouvelle coopérative est créée : la Populaire de Ciney. Dix ans plus tard, elle devient, à la suite de 2 fusions (avec Walcourt et Namur), la seule coopérative chrétienne des provinces de Namur et de Luxembourg, sous le nom de l’Economie Populaire de Ciney ou EPC. Elle fournit essentiellement des biens alimentaires à la population. Après la seconde guerre mondiale, l’EPC se diversifie : produits pharmaceutiques (première pharmacie à Rochefort en 1953), textiles, articles ménagers. A la sortie des années 60, la société connaît de grandes difficultés, le secteur de la distribution souffrant de l’évolution des modes de consommation. En 1991, l’EPC renonce à son activité alimentaire pour se concentrer sur les pharmacies. En 2010, l’EPC prend le nom de Familia. En 2019, l’EPC désormais incarnée par les pharmacies Familia a fêté son centenaire à Ciney Expo en présence de près de 800 collaborateurs et leurs conjoint(e)s.

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    Quelques chiffres de Familia en 2019 et ses activités :

    • 98 officines
    • 2eplus grand distributeur de médicaments en Belgique
    • 7,5 % du marché de la pharmacie en Wallonie
    • 649 employés dont 190 pharmaciens (moyenne d’âge de 44,2 ans)
    • 95% de produits au dépôt de Ciney (entre 20.000 à 30.000 conditionnements par jour)
    • Pionnier dans la préparation individuelle (PMI), 17 personnes travaillent à Wierde (bâtiment attenant l’officine) dans un centre de production (distribution de sachets intensivement contrôlés, plus d’erreurs dans la chaîne !) pour 80 maisons de repos

    Pour voir les photos que j'ai prises au Ciney Expo, il suffit de cliquer sur https://ciney.blogs.sudinfo.be/album/100-ans-epece/

     

  • Plus d’un millier d’anciens de Saint Jo pour fêter le 175e anniversaire de leur école

    DSC_0136.jpgSi, pour la partie officielle, le public présent était plutôt composé d’anciens professeurs de l’école (mais les anciens élèves comme un ancien député président, Willy Borsus, une ancienne ministre, Catherine Fonck, des anciens devenus bourgmestres, député, … n’avaient pas manqué le rendez-vous) et d’anciens élèves qui sont arrivés, au fur et à mesure, en fonction des timings familiaux, pour la fête proprement dite, ils sont venus par centaines rejoindre le site de l’école.

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    DSC_0118.jpgLes conditions climatiques particulièrement favorables (pas de pluie, tout avait été prévu pour s’abriter !) ont provoqué pas mal d’embouteillages entre les deux grands chapiteaux et l’espace entre Europe, Darwin et Archimède où se trouvaient des food-trucks et bars de spécialités. Petite expo photos, espaces conversations, animations musicales, témoignages d’anciens et surtout retrouvailles entre anciens des mêmes promotions étaient au programme d’une longue, très longue soirée où il ne fallait pas oublier de mettre sa petite laine pour éviter tout problème au lendemain de l’événement !

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    Si, pour les discours officiels, j’ai épinglé quelques phrases de chacun des orateurs, par contre, pour les témoignages des parcours de Franz Delieux et de Thibault Hastir à Saint-Jo, j’ai préféré tout écrire.

    DSC_0125.jpgFrance Goossens, inspectrice principale des écoles lasalliennes, a rappelé l’histoire de St Jean-Baptiste de la Salle à Reims où il créée une communauté éducative et évangélique : « les maîtres deviendront très vite des Frères des écoles chrétiennes. 3 siècles plus tard, le projet éducatif lasallien est toujours présent même si le contexte actuel est très différent. Aujourd’hui, nous pouvons toujours puiser des idées de St Jean-Baptiste pour notre enseignement. Nous ne devons pas seulement former des futurs étudiants bons et instruits mais faire du jeune un citoyen éduqué ! Nous avons obligation de toucher les cœurs ! »

    DSC_0129.jpgPour Daniel Latour, président du P.O., « notre école n’a cessé de croître. De nouvelles constructions sont apparues au détriment des espaces verts. Il a fallu abattre des arbres ! Prochainement, sur le nouveau parking, des hêtres verront le jour, pour démontrer notre désir de préserver notre beau cadre. Actuellement, notre enseignement secondaire compte 1.735 élèves. »

    Le pacte d’excellence, le tronc commun et toute la pédagogie développée à l’école ont également été développées par les directions des humanités techniques et générales avant que la plaque anniversaire ne soit dévoilée.

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    Deux témoignages croisés des promotions 1958 (Franz Delieux) et 2006 (Thibault Hastir)

    DSC_0132.jpgFranz : En 1946, je suis rentré en 1èreprimaire à l’Institut Saint Joseph, chez les Frères, comme on disait alors. C’était dans le bâtiment aujourd’hui disparu de la rue Courtejoie. Les soutanes et les rabats blancs des religieux côtoyaient les costumes cravates des maîtres laïcs. Nos récréations se déroulaient dans la cour et dans la plaine où se trouve actuellement le bâtiment Darwin. J’ai commencé l’école primaire chez Frère Marcel et je l’ai terminée chez le Frère Modeste. Les Frères en prenant l’habit religieux recevaient un nouveau nom commençant par M en Belgique-Sud.

     

    DSC_0133.jpgThibault : Je suis, pour ma part, entré à Saint Jo accompagné de ma maman, institutrice maternelle, 45 ans plus tard, dans le courant de l’année 1991. Le bâtiment dans lequel j’ai effectué mes premiers pas à Saint-Jo était également situé rue Courtejoie mais quelques centaines de mètres plus haut qu’à l’époque de Franz. J’ai effectué ma rentrée en primaire en 1994, année du 150e. Les Frères y ayant cédé leur place à une sympathique équipe d’enseignants. Je garde notamment de très beaux souvenirs de mes passages successifs auprès du regretté Pierre Donnay, d’Annie Henry, Jannick Focant, sans oublier Jean-Pierre Mazy, notre emblématique professeur d’éducation physique de l’époque (lui-même ancien élève de l’école). Notre voyage à bord d’un train couchette en direction de la Suisse, nos verts séjours à Wellin et Chevetogne ou encore nos innombrables parties de football sur la cour de récréation restent à tout jamais gravés dans ma mémoire. Et je donnerai très cher pour faire un bond dans le passé et revivre une journée type à Saint-Jo, accompagné de tous mes camarades et profs de l’école.

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    Franz : En 1952, je suis entré en humanités modernes, l’année même où sortait la première promotion : ils étaient 8 ! En 6emoderne, chez le Frère Marie-Théophile, nous étions 41 dans la même classe. L’année suivante, nous sommes entrés dans ce bâtiment, appelé bloc des modernes, le premier de tous les bâtiments du site actuel. Au terme des 6 années secondaires, nous étions 7 pour terminer notre parcours chez le Frère Ménandre-Luc mieux connu sous le nom de Choumaque. Sa mort, en 1988, marquera la fin des Frères à l’école. En cette année 1958, l’Institut comptait 10 classes primaires et 8 en modernes.

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    Thibault : Après 6 merveilleuses années passées dans le primaire, c’est en 2000 que j’effectue mon entrée dans la grande école accompagné de mes camarades de primaire et rejoint par de très nombreux jeunes des villages voisins. Le 1erseptembre 2000, nous n’étions plus 41 en attente de l’appel de nos noms et prénoms afin d’intégrer une classe du bâtiment Archimède mais bien 243 ! Ce que je retiens avant toute autre chose de mes 15 années passées sur les bancs de Saint-Jo, c’est cet esprit de camaraderie, ces innombrables rencontres, ces amitiés nées sur ce site magnifique qui perdurent encore aujourd’hui. Quand on y repense, quel bonheur de se lever chaque matin et de retrouver les copains chaque jour de la semaine tout au long de l’année. Qu’est ce qu’on a pu se marrer !

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    Franz : Après ma formation pédagogique à Malonne, encore chez les Frères, je suis venu enseigner à Saint-Joseph pendant 40 ans. J’ai connu les festivités du 100een 1951 (retardé par la guerre), du 120e, du 125eet bien sûr, du 150een 1994 et du 175eaujourd’hui. Pour celle du bicentenaire, je passe le relais à mon jeune voisin !

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    Thibault : Sorti en 2006, non plus à 7, mais bien à 141 et après un passage, comme mon voisin, par Malonne, j’effectue mon retour à Saint-Jo en 2012, après y avoir déposé mon seul et unique CV. Saint-Jo, c’était un choix évident, tellement nostalgique de mon passage, je ne pouvais bosser qu’à Saint-Jo ! En 6 années, bien des choses avaient changé. Le bâtiment Icare, ci-dessous, était sorti de terre. M.Leveau, professeur de sciences tout au long de ma scolarité, avait remplacé M. Volvert à la tête de l’enseignement général et bien des professeurs marquants étaient partis vers de nouveaux horizons. La liste est longue, Gérard Trompette, Bernard Georges, Paulette Laffut, Jean-Marc Colinet ou encore Jacques Maljean pour ne citer qu’eux. Je n’ai malheureusement pas connu les festivités antérieures, mais, c’est avec grand plaisir que j’accepte le relais qui m’est cédé par Franz, lui aussi un pur produit Saint-Jo pour les 25 années prochaines, au moins, ….

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    Franz : Depuis le 29 septembre 1844, 243 disciples de Saint Jean-Baptiste de la Salle sont passés par Saint-Joseph qui s’est remarquablement développée. A l’école primaire des débuts vient s’ajouter l’école moyenne en octobre 1882, une école industrielle du soir en 1901, le début en 1949 du dernier cycle des humanités modernes, de l’école technique en 1959 et de la section latine, en 1962 de l’école normale, en 1964 de l’internat. En 1971, l’enseignement dévient rénové et ouvre une large panoplie d’options. Les Frères, tout au long de ces années, ont transmis leur foi et leur savoir à des générations de jeunes de la région cinacienne. Présents à l’école jusqu’en 1988, ils furent d’abord épaulés puis remplacés au fil des années par des enseignants laïcs qui perpétuent aujourd’hui en 2019 le projet éducatif lasallien.

    Toutes les photos de la matinée et de la fête (192 en tout !) sont à voir sur https://ciney.blogs.sudinfo.be/album/175-ans-st-jo/